[La Mouette Enragée] Se relever, s’organiser, lutter et vaincre ! (fr) (en)

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  • Se relever, s’organiser, lutter et vaincre !
  • Contre le passe sanitaire… et les autres attaques de classe !

Se relever, s’organiser, lutter et vaincre !

Note de GdC : Le présent tract a été diffusé à Boulogne-sur-Mer par les camarades de « La Mouette Enragée » à l’occasion de la manifestation du 5 octobre 2021 « contre les réformes des retraites et de l’assurance chômage, contre la précarité et pour l’augmentation des salaires ». Cette « journée de grève intersyndicale » ne constitue évidemment qu’un énième contre-feu visant à éteindre les braises de la révolte prolétarienne…

Ce mauvais rêve dont nous peinons à nous arracher depuis des mois, cette séparation accomplie d’avec nos semblables sous l’empire de lois d’exception devenues la règle, nous laisse entrevoir le dessein que nourrit le capital pour les temps qui s’annoncent. « Testés, tracés et isolés », nous l’étions déjà auparavant ; aussi bien sur les lieux de notre exploitation quotidienne que dans les dédales de la recherche d’un emploi, à l’école ou au supermarché. La « distanciation sociale » est l’essence même du monde total et décadent de la marchandise ; un univers tourmenté jusqu’à la folie par ses propres contradictions. Les gilets jaunes l’avaient pressenti, retissant entre eux les liens indispensables à une contre-offensive de classe à la hauteur des enjeux qui se dressent face à nous.

La bourgeoisie nous fait la guerre

En aucun cas, l’épidémie de Covid et les répercussions politiques qui s’en suivirent ne relevaient de la fatalité. La marchandisation de nos existences s’accompagne depuis des années du démantèlement d’un système de santé sur lequel les travailleurs n’ont, du reste, jamais eu de prise. La bourgeoisie s’apprête désormais à l’achever et le dépecer en vue de sa mise prochaine sur le marché. Quant à l’expertise scientifique, l’extravagant spectacle auquel elle s’est livrée, l’argument d’autorité en bandoulière, a achevé de mettre en lumière les intérêts particuliers qu’elle assiste dans les faits.

Pris en défaut de soin, le pouvoir au sommet de l’Etat s’est saisi du chaos qu’il avait lui seul déclenché comme d’une opportunité pour rejouer l’unique carte qui lui reste dans la manche, celle de l’Unité Nationale. Sous le label Conseil de défense et de sécurité nationale, une coterie politico-militaire s’est arrogée le pouvoir de jongler avec la peur et la culpabilisation, infantilisant la population sous un déluge de mesures toutes plus liberticides les unes que les autres. Comme de bien entendu, ce sont les habitants des quartiers populaires qui furent d’abord montrées du doigt. De la répression des pratiques de solidarité dans les zones en déshérence à l’état d’urgence permanent ; du couvre-feu à la Loi Sécurité Globale ou celle sur Le Séparatisme ; du renforcement de l’arsenal de répression faisant de la France le pays le plus fliqué d’Europe, jusqu’au Pass prétendument Sanitaire, l’épidémie a offert à l’Etat un champ d’expérimentations à l’échelle du territoire en matière de contrôle social.

Partout sur la planète, les rêves du capital annoncent notre cauchemar

Pour autant, il serait simpliste de dénoncer cette politique comme l’œuvre exclusive de Macron et de son gouvernement. Elle s’inscrit dans un cadre plus large, un cadre international et invalide de fait toute recherche de solution à caractère souverainiste, « patriotique » ou nationaliste.

Gageons que la relance économique vantée par la communication officielle ne sera qu’un éphémère phénomène de rattrapage. Elle se double d’une productivité accrue dans des conditions d’exploitation plus dégradées encore qu’avant l’épidémie. Celle-ci a donné un nouveau coup d’accélérateur à la restructuration désormais ininterrompue du capital. Les tendances en germe ou partiellement développées ont trouvé dans la réclusion à domicile et le contrôle généralisé un terreau fertile au cœur duquel prospérer, exacerbant les déséquilibres, la concurrence et l’instabilité à l’échelle de la planète. L’entreprise américaine Amazon a annoncé le triplement de ses bénéfices nets au premier trimestre 2021. En France, durant la période, la situation a empiré pour au moins un salarié sur dix comme le reconnait lui-même le ministère du Travail ; l’état de santé psychique s’est fortement détérioré pour nombre d’entre nous, notamment sous l’impact du télétravail dont on annonce prochainement, ironie de l’histoire, de grandes vagues de délocalisation…

La sauvagerie du travail entraine chez les salariés des réactions radicales mais encore isolées qui néanmoins portent en elles sa critique en acte. Aux Etats-Unis, en Angleterre et même en France, le phénomène des démissions de poste s’étend, touchant des dizaines de milliers de travailleurs quand ce n’est pas plusieurs millions comme outre Atlantique. Certes, ambivalentes et individuelles, ces réactions affirment toutefois qu’une existence digne d’être vécue ne s’accommodera jamais des sévices quotidiens du management, de l’exécution de tâches serviles et répétitives pour la production de services ou de marchandises aussi inutiles que nocives à notre équilibre personnel et collectif.

Se relever, s’organiser, lutter et vaincre !

Cela fera bientôt deux ans que l’éteignoir a été posé sur les mobilisations sociales alors qu’entre-temps la pauvreté n’a cessé de se répandre. Comment faut-il l’expliquer, quand près de 30% de la population de ce pays ne peut désormais plus se procurer une nourriture saine et faire trois repas par jour. En une seule année, les demandes de RSA ont augmenté de 14 % et près de 10 millions de personnes vivent avec moins de mille euros par mois. Depuis le 1° octobre, le gouvernement a réduit le montant des indemnités versées aux chômeurs sous prétexte de les « motiver » à chercher un emploi et les commis du patronat n’attendent qu’une fenêtre de tir pour achever le régime des retraites par répartition.

Pendant ce temps, le cirque présidentiel a pris le relais du feuilleton sanitaire qui, à la longue, peine à faire recette. Seule la mobilisation de l’été contre le Pass est parvenue à inquiéter un tant soit peu le pouvoir, craignant que ne se rejoue une mobilisation dont il ne contrôlerait ni les tenants ni les aboutissants. Ce ne sera finalement pas le cas, car aussi aberrant et inquiétant que cela soit, la contestation du contrôle social et l’occupation de la rue ne furent pas clairement disputées aux groupes réactionnaires et autres illuminés en tous genres ; hormis dans quelques rares endroits. Pourtant, c’est dans ce contexte, où des fractions de la petite bourgeoisie donnent de la voix, espérant naïvement échapper au tourbillon des contradictions capitalistes qu’il nous faut ferrailler. A nous de faire résonner à leurs oreilles un clair discours de classe et de solidarité internationale. Non pas sur les « réseaux sociaux », mais dans la rue, dans les boîtes, dans les quartiers et partout où c’est encore physiquement possible !

Aussi bien ici qu’ailleurs, la bourgeoisie et son Etat n’entendent plus négocier que notre reddition et notre soumission au chaos capitaliste dans lequel ils nous précipitent. Et quelque chose dans le fond de l’air nous laisse à penser que, pavoisés de leur fallacieuse « légitimité démocratique », ils n’hésiteront pas à recourir à tous les moyens, sans exclusive, afin d’y parvenir… La nécessité d’un nouvel horizon pour l’humanité s’impose donc avec acuité, mais cet espoir ne sortira pas des urnes, ni ici, ni ailleurs, ni demain, ni jamais.

Cette exigence politique remet la nécessité de la Révolution Sociale à l’ordre du jour !

Boulogne-sur-Mer, le 03/10/2021

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Source : https://lamouetteenragee.noblogs.org/post/2021/10/03/se-relever-sorganiser-lutter-et-vaincre/

Contre le passe sanitaire… et les autres attaques de classe !

Note de GdC : Ce tract a été originalement « rédigé par des camarades du Poitou » et distribué entre autres à Boulogne-sur-Mer à la manifestation du 14 août 2021.

Le gouvernement veut imposer la vaccination par l’obligation d’un passe sanitaire dans la vie sociale et professionnelle, et il recourt pour y parvenir à des choix sanitaires, des promesses, des mensonges, des manipulations de chiffres, le tri des informations, des sanctions pécuniaires.

Quelques exemples :

  • Pour justifier l’urgence de la vaccination, le gouvernement a mis l’accent sur la grosse hausse des contaminations en juillet (le nombre des hospitalisations et celui des décès restant quant à eux minimes par rapport à ceux de la première vague). Mais cette hausse s’explique pour partie par l’explosion du nombre de tests qu’a entraînée l’annonce d’un passe sanitaire (l’autre élément serait la contagiosité plus élevée du variant actuellement en circulation). En testant davantage, on a repéré des contaminations qui seraient passées inaperçues autrement parce qu’elles ne s’accompagnaient d’aucun symptôme du Covid-19. C’est chez les jeunes que les contaminations ont augmenté le plus, ces dernières semaines, or les « asymptomatiques » sont majoritaires parmi les moins de 30 ans.
  • Alors qu’on nous répète depuis un an qu’une personne vaccinée reste contaminante, le gouvernement a fait miroiter la fin du port du masque (déclaration de Véran le 13 juillet) avec la mise en place du passe sanitaire. Or on constate son retour progressif dans des centre-villes, des zones touristiques, des départements, des régions…
  • Surtout, le gouvernement a décidé non seulement de mettre en équivalence le test et la vaccination (on peut obtenir le passe sanitaire en recourant à l’un ou à l’autre), mais aussi de rendre les tests payants. De tels choix devraient entraîner une diminution du nombre de tests. On saura donc moins qui est porteur du virus, étant donné les nombreux « asymptomatiques » – mais si le chiffre officiel des cas positifs baisse, le gouvernement pourra attribuer la diminution des contaminations à la seule vaccination. L’accent mis par de nombreux Etats sur la double dose de vaccin commence pourtant à être reconsidéré par certains d’entre eux, qui ne se contentent déjà plus du « passe sanitaire européen ». L’Allemagne exige ainsi à ses frontières à la fois le vaccin et le test, voire une quarantaine, et elle préconise une troisième dose pour les personnes fragiles.

Le virus ne frappe pas pareil les bourges et les prolos

A la vérité, ce n’est pas la vaccination obligatoire, même accompagnée d’autres dispositifs sanitaires (tests, masques, couvre-feu, etc.), qui peut « régler » le problème de cette pandémie et des suivantes ; ce n’est pas non plus la levée des brevets et la socialisation des entreprises produisant les vaccins… mais un changement radical de modèle économique et de société. Car les pandémies sont favorisées tant par la logique industrielle du système capitaliste que par la mondialisation des échanges qu’il implique, et elles sont donc à mettre en corrélation avec l’exploitation économique de la planète.

L’actuelle pandémie a ainsi une dimension de classe dont le gouvernement se garde évidemment de parler, parce qu’il tente de forger une « union nationale » contre le virus ennemi : par tous les canaux médiatiques, il insiste sur la nécessité de préserver la santé de « nos anciens » ou des « plus vulnérables parmi nous ».

Certes, les études sur les victimes du Covid-19 […] depuis le début de la pandémie montrent que ce virus a un impact plus ou moins important selon l’âge, l’état de santé ou le sexe […]. Mais ces études retiennent comme autres critères importants l’appartenance sociale et le développement économique d’un pays. Dans les Etats industrialisés aux populations vieillissantes, le mode de vie (sédentarité, alimentation industrielle, stress, malbouffe…) et les diverses pathologies chroniques qu’il entraîne (maladies cardiovasculaires, diabète, obésité, cancers…) sont en partie responsables de la situation sanitaire. De ce fait, plus les inégalités sociales augmentent, plus les maladies chroniques explosent, et les cas de Covid-19 avec.

En France, les mesures sanitaires décrétées par le gouvernement ont aggravé les inégalités – en particulier les confinements, que ce soit au niveau des conditions de vie, de travail ou d’éducation. Il n’est donc pas surprenant que les classes populaires soient surreprésentées parmi les « antivaccins » […]. Mais cette partie de la population ne va pas davantage au restaurant, au cinéma ou au théâtre qu’elle ne prend le train ou l’avion. Aussi ce ne sont pas seulement les restrictions de liberté qui animent les réfractaires au passe sanitaire, comme on a tendance à nous le présenter. Il y a également l’énorme indignation suscitée par le mépris de classe qu’affiche Macron à l’égard de personnes promues voici quelques mois au rang de « héros » – notamment les soignants –, et qui se trouvent maintenant menacées de sanctions graves si elles refusent d’obtempérer en se faisant vacciner ou en se transformant en auxiliaires de police pour contrôler lesdits « passes ». Ces sanctions visent en priorité les précaires en intérim ou en CDD (majoritairement des femmes). De plus, la suspension des contrats de travail prévue dans la loi sur le passe sanitaire va empêcher les salarié-e-s récalcitrants à la vaccination de toucher des indemnités de licenciement et de s’inscrire à Pôle emploi.

Ce qui se mène aujourd’hui est une guerre sociale, et non sanitaire

La colère contre le gouvernement et les médias, qui animait déjà les gilets jaunes, s’accompagne présentement d’une méfiance à l’égard des scientifiques et des labos pharmaceutiques. Et elle se traduit par le refus du passe sanitaire… et par celui d’aller voter. Cette « crise de confiance dans la démocratie » gêne un peu les gouvernants, car l’énorme taux d’abstention aux dernières régionales nuit à la bonne image des institutions que défendent les partis de gauche et de droite ; et il leur est plus difficile de jouer la carte de l’« antifascisme » contre le Rassemblement national, tandis qu’approche la présidentielle.

Quoi qu’il en soit, il ne faut pas laisser le passe sanitaire renforcer encore le contrôle social – après la loi sécurité globale et toutes les autres dispositions sécuritaires mises en place par Macron ou ses prédécesseurs. Ne nous laissons pas engourdir par la peur de la pandémie : luttons contre le passe sanitaire, contre les réformes de l’assurance-chômage et des retraites, contre la casse de l’hôpital public… et plus largement contre l’ordre établi !

Des militants ouvriers et internationalistes pour la révolution sociale

Source : https://lamouetteenragee.noblogs.org/files/2021/08/tract-anti-pass-version-version-INTER.pdf

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