[Proletarios Internacionalistas] Contre la pandémie du capital, révolution sociale !

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Dernière mise à jour : 25/07/2020

  • Contre la pandémie du capital, révolution sociale !
  • La contagion de la révolte s’étend !

Contre la pandémie du capital, révolution sociale !

Le capitalisme est en train d’instaurer un régime de terreur et de répression dans le monde entier dans le cadre d’une opération sans précédent dans l’histoire de l’humanité. Confinement de régions, de villes et de pays entiers, confinement massif d’êtres humains contraints de rester enfermés chez eux, suspension des misérables droits du citoyen, surveillance, suivi et traitement des mouvements de la population par toutes sortes de technologies (smartphones, big data, intelligence artificielle…), licenciements massifs, application de l’état d’urgence, de l’état d’alerte, de l’état de siège, etc. Partout dans le monde, nous assistons à une militarisation élargie des rues afin de contrôler et réprimer tout mouvement non autorisé. Nous voyons également les yeux de l’État se multiplier à travers des citoyens soumis et effrayés qui surveillent la moindre petite infraction ou remise en cause des décrets imposés par l’État. (1)

Pour étayer ce scénario, les porte-parole de l’État nous étouffent avec des données sur la propagation de ce que l’OMS a appelé la « pandémie du COVID-19 ». La diffusion du nombre de personnes infectées, hospitalisées et décédées, ainsi que des taux de mortalité et des prévisions de contagion, accompagnée d’images d’hôpitaux plein à craquer et de convois de corbillards faisant la queue à la morgue, se succèdent frénétiquement sous nos yeux avec force détails, tandis qu’un défilé constant de politiciens, de scientifiques, de militaires et de journalistes nous plongent dans une guerre contre un ennemi extérieur appelé le coronavirus, présenté comme le plus grand ennemi de l’humanité, comme une pandémie qui met en danger la vie des êtres humains.

Nous tenons à préciser qu’en disant cela, nous ne prétendons pas que ce qu’on appelle COVID-19 n’existe pas ou qu’il s’agit d’une pure création idéologique de l’État. Ce que nous essayons d’expliquer tout au long de ce texte, c’est que la pandémie est utilisée comme un outil de contre-insurrection et de restructuration capitaliste, que ce qui nous est vendu comme solution est bien pire que le problème. En ce sens, bien que l’impact social de cette pandémie résultant du déploiement terroriste développé par les Etats soit évident, nous ne disposons pas encore d’éléments permettant d’évaluer l’impact direct du COVID-19 au niveau biologique sur notre santé. Les données dont nous disposons sont celles que fournissent les différents appareils du capitalisme mondial (OMS, États, organismes scientifiques…), qui pour nous ne sont évidemment pas fiables car n’importe quel État peut gonfler ou dissimuler ses statistiques. Il est évident que les prolétaires des maisons de retraite, des prisons, des hôpitaux psychiatriques… également dénoncent le fait que ces centres deviennent, plus que jamais, des centres d’extermination. Or, la question fondamentale à prendre en compte, c’est que le capitalisme mondial n’a jamais pris de mesures similaires malgré la catastrophe généralisée qui se matérialise et s’exprime dans des milliers de domaines (pandémies, maladies, famines, catastrophe écologique…). (2)

Pour nous, les mesures contre le coronavirus n’ont rien d’humain. L’État sème la peur et l’impuissance parmi une population atomisée pour se présenter comme le protecteur omnipotent de l’humanité. Il appelle à l’unité de tous afin d’assumer ensemble la lutte contre cet ennemi, de faire les sacrifices nécessaires, de s’associer à tout ce qui est dicté par les autorités, de se soumettre aux directives et aux ordres des différents appareils d’État.

Tout ce spectacle impressionnant crée une couverture indispensable. Cette histoire de la défense de la santé, çà ne colle pas. Nous savons que la mort et la catastrophe généralisées sont l’essence même de ce mode de production et de reproduction, où la vie humaine et la planète ne sont que des moyens de valorisation, et où le capital n’en a rien à foutre du bien-être humain. Bien que les différentes formes de gestion bourgeoise établissent des limites afin de ne pas détruire totalement le support matériel de la valorisation, la déprédation de ces supports, leur détérioration et leur destruction finissent par dépasser toutes les limites, puisque c’est la forme naturelle sous laquelle la vie se développe dans le capitalisme. La destruction de la planète et de ses habitants, la mort inéluctable et croissante de millions d’êtres humains par la faim, par les guerres, par les pandémies, par la toxicité, par le travail, par la famine, par les suicides et plus encore, n’ont jamais été un problème à résoudre pour le capitalisme, mais plutôt des dommages collatéraux ou, mieux encore, sa mode de développement spécifique.

Les campagnes de « solidarité », la recherche et le développement scientifique et médical, ou toute autre mesure législative, sont les moyens par lesquels le capital applique ses « solutions » à toutes les préoccupations que génèrent ces grands problèmes dont l’humanité souffre sous la tyrannie de la valeur. Même si nous utilisons les mêmes critères restreints et trompeurs que ceux utilisés par la science pour justifier les mesures prises aujourd’hui de manière généralisée,(3) c’est-à-dire l’existence d’un virus qui menace la santé de la société, nous savons que dans chacun des pays où ces « mesures pour contenir le coronavirus » sont déployées, l’existence, selon les données officielles elles-mêmes, d’autres virus ayant un grand impact sur la santé n’a jamais été une source de grande préoccupation. Cela ne signifie pas que l’État n’est pas obligé d’intervenir en cas de catastrophe spécifique, comme il l’a fait à plusieurs reprises, ce dont il profite toujours pour introduire des mesures qui, autrement, entraîneraient résistances et révoltes.

Il est donc clair pour nous que toutes les mesures que le capital déploie actuellement pour « lutter contre la pandémie du coronavirus » n’ont pas pour objectif notre santé, notre prise en charge et notre bien-être. Il convient de se demander pourquoi le capitalisme a créé cet état de guerre dans ce cas particulier et, plus important encore, ce que nous faisons en tant que prolétaires et révolutionnaires dans cette situation.

Nous n’avons aucun doute. La guerre contre le coronavirus est une guerre contre le prolétariat mondial. Les mesures étatiques justifiées par la pandémie de coronavirus constituent un saut qualitatif décisif et homogène dans la contre-insurrection mondiale et dans les tentatives bourgeoises d’initier un nouveau cycle d’accumulation du capital. Et face à cette guerre, le prolétariat n’a que deux issues : soit y sacrifier sa vie, soit s’y opposer pour défendre ses besoins humains.

Il est vrai que nous vivons dans un système social habitué à l’enfermement. Confiner la nourriture et les besoins essentiels, s’enfermer dans des appartements, dans des voitures, dans des centres commerciaux, dans des centres de domestication pour enfants, sur les lieux de travail, dans des maisons de retraite, dans des centres sanitaires, dans des centres pénitentiaires, dans des centres de loisirs ou de vacances… et ces mesures donnent un tour de vis supplémentaire à ce système d’isolement et de privatisation, transformant le monde en un grand camp de concentration. (4) Mais on ne peut pas ignorer que tout cela se produit précisément au moment où la catastrophe capitaliste atteint de nouveaux sommets, où l’antagonisme entre la vie et le capital arrive à des niveaux encore plus insoutenables que par le passé. La destruction de la Terre, la déprédation de ses ressources, l’empoisonnement de tout ce qui existe, l’exacerbation de tous les mécanismes d’exploitation et de spoliation de l’être humain et de tout le milieu naturel, qui sont des aspects inhérents à ce mode de production de l’espèce déterminé par l’économie, ont atteint des niveaux insupportables pour la simple existence des êtres vivants. La dynamique même de valorisation du capital, dans laquelle celui-ci a de plus en plus de difficultés à renouveler ses cycles de reproduction en raison de la dévalorisation croissante qui lui est congénitale, porte les contradictions de ce système social à ses limites. Nous marchons vers une dévalorisation sans précédent. L’effondrement du capital fictif, qui maintenait les cycles de reproduction capitalistes avec des punaises, se profile à l’horizon. La crise financière de ces dernières années, dont la première grande explosion a eu lieu en 2008, exprime l’épuisement du mécanisme de respiration artificielle qui maintenait l’économie mondiale en vie. Aujourd’hui, alors que tout le capital est soutenu sur la base de la reproduction incessante du capital fictif, de tonnes de dettes et de toutes sortes d’injections financières qui permettent au capital de continuer à sucer le sang du prolétariat mondial, la bourgeoisie commence à prendre conscience que la fiction ne peut pas échapper à la logique même sur laquelle elle s’est construite, qu’elle ne peut pas se débarrasser de la loi de la valeur, et toute cette gigantesque accumulation de capital se précipite vers son écroulement.

Bien sûr et avant tout, nous ne pouvons pas ignorer une autre question encore plus décisive. Toute cette « guerre contre le coronavirus » se déroule précisément au moment où la catastrophe, que la bourgeoisie fait peser sur les épaules du prolétariat, annonce de grands bouleversements déjà augurés par les vagues de luttes qui ont convergé en 2019 et début 2020 dans des dizaines de pays. (5) Le déclenchement d’un incendie qui va balayer tout l’ordre capitaliste est un problème qui revient à l’ordre du jour dans les milieux de la bourgeoisie et un espoir qui revient dans le cœur des prolétaires.

C’est pourquoi les opérations contre-insurrectionnelles se multiplient dans le monde entier depuis des années. Bien que tous les manuels contre l’insurrection aient pour fondement la destruction de l’autonomie du prolétariat, les formes par lesquelles cela s’est matérialisé au cours de l’histoire ont été multiples. La guerre impérialiste, qui n’a pas cessé de se développer, a toujours été le recours par excellence pour transformer l’antagonisme de classe en une lutte entre fractions bourgeoises, en restaurant l’unité nationale face à un ennemi extérieur, en détruisant les irréductibles, en donnant un nouveau tour de vis aux conditions misérables du prolétariat – en imposant des sacrifices de guerre et d’après-guerre – et en générant une destruction, matérielle et humaine, suffisamment large pour dynamiser le processus de reproduction capitaliste en ouvrant une nouvelle phase d’expansion.

La pandémie du coronavirus présente toutes les caractéristiques de la guerre impérialiste : l’ennemi extérieur, l’unité nationale, l’économie de guerre, les sacrifices pour la patrie ou le « bien commun », les collaborateurs, les morts, la restructuration économique, etc. (6)

Comme toutes les guerres impérialistes, celle-ci entraîne des pertes importantes à court terme (même si certains secteurs voient leurs profits monter en flèche), mais elle contient les bases matérielles pour générer une nouvelle phase d’accumulation. Ce processus de réanimation du capital moribond, qui est appliqué sous le couvert de la guerre contre le coronavirus et qui implique l’attaque des conditions de vie du prolétariat, entraîne l’impulsion d’une nouvelle phase d’accumulation qui ne peut se développer que sur une destruction de capital aux dimensions et aux conséquences sans précédent et inconnues. Il est clair que dans une dynamique où le capital fictif représente l’axe où l’accumulation est l’élément fondamental, la destruction partira de ce terrain. La paralysie partielle et temporaire actuelle de la production et de la circulation des marchandises nécessite des quantités inhabituelles de capital fictif afin de maintenir le tissu social, en plus de la centralisation d’une grande partie du capital dans les secteurs militaire et sanitaire. Cependant, ce flot de fiction pour pallier la paralysie du marché, qui contenait déjà une suraccumulation insoutenable de capital fictif mais qui circulait en grande partie exclusivement par le biais des marchés financiers, implique le déversement d’énormes masses de fiction depuis ces marchés financiers dans l’échange mercantile effectif ; ce qui expose tout ce capital à la destruction par la correction coercitive que le marché réalisera, tôt ou tard, par rapport au signe de la valeur. C’est-à-dire que la dévaluation de la monnaie, l’imposition despotique d’une loi que la bourgeoisie pensait avoir contournée, va créer une dévalorisation sans précédent qui impliquera la faillite générale des entreprises, des États, l’annulation massive des dettes et, bien sûr, la tentative bourgeoise de restructuration globale de tout le capital (en se centralisant dans de nouveaux domaines, en purgeant d’autres, en consolidant de nouveaux mécanismes de circulation…), en essayant de relancer un nouveau cycle d’accumulation.

Il est évident que ce contexte ne peut se développer d’abord et avant tout qu’en faisant avaler au prolétariat un sacrifice qui le conviera à un effondrement massif, qui généralisera partout des conditions de survie de plus en plus impossibles à supporter. D’autre part, cela le poussera aussi à se rebeller, à défendre ses besoins face à la catastrophe du capital. Tel est le futur que le capitalisme mondial réserve à l’humanité : exacerbation de la catastrophe ou révolution. (7)

Dans ce contexte, on comprend mieux les actions de tous les Etats, on comprend le confinement, la descente de l’armée dans les rues, le contrôle, la surveillance de la population, le serrage de ceinture pour tous les prolétaires et l’annonce par l’État des pires sacrifices à venir. L’État évalue la réaction du prolétariat face à l’état d’urgence et parvient à faire reculer momentanément les manifestations et révoltes qui se développent comme en France, en Iran, en Irak, au Liban, en Algérie, à Hong Kong, au Chili, etc. Au Chili, avant même que les chiffres officiels de l’État ne puissent fournir un seul cadavre, et avant que des mesures sanitaires ne soient mises en œuvre, l’État a déclaré l’état d’urgence. De cette manière, les États utilisent la pandémie pour rétablir la paix sociale dans les zones où se sont produites des manifestations et des révoltes ces dernières années, tout en déployant ailleurs un environnement propice à la répression des protestations contre les mesures de détérioration de la vie qui sont en préparation, en vérifiant ainsi la capacité de contrôle social dont ils disposent sur leur territoire, où des foyers de rébellion sont concentrés, quels aspects améliorer pour garantir la surveillance et le contrôle du territoire, etc.

Tout au long de l’histoire du capitalisme, à mesure qu’il imposait de nouveaux ajustements et de nouveaux tours de vis à l’exploitation, il y a eu une succession de résistances plus ou moins collectives, de révoltes et d’insurrections. C’est pourquoi, il est surprenant de constater, dans un premier temps, que le prolétariat accepte massivement les mesures appliquées par les États, facilité sans doute par la situation nouvelle dans laquelle il se trouve et la force médiatique de l’appareil d’État. Cependant, certains prolétaires ont annoncé par leurs premières répliques à toutes ces mesures, leur refus de suivre le son des trompettes de l’Etat, de se soumettre au régime de terreur et d’accepter la dégradation de leurs conditions de vie. Peu à peu, nous voyons comment les gestes, les cris, les mobilisations et les protestations commencent à se reproduire.

Malgré les conditions difficiles que l’État impose, à travers le confinement et l’isolement, notre classe tente d’organiser sa réponse à l’attaque lancée par l’État. Ce ne sont pas seulement de petits actes de désobéissance qui se reproduisent, que l’État réprime par des amendes, des arrestations et des accusations de manque de solidarité (comme les vieux qui se promènent avec une baguette de pain, les parents qui rassemblent les enfants dans les maisons de ceux qui ont le plus grand jardin, les jeunes qui se promènent dans les bois sous prétexte de chercher du bois de chauffage, ceux qui remettent en question la version officielle sur les questions de santé, ceux qui mettent en garde contre les contrôles et signalent les mouchards, ceux qui inventent toutes sortes de ruses et d’astuces… des actes qui expriment tous notre besoin le plus humain de briser l’emprisonnement et qui invitent à rompre l’isolement), mais il y a aussi des protestations et des affrontements dans les rues.

La province du Hubei, premier lieu à être soumis à l’état d’urgence, connaît des protestations et des affrontements dans plusieurs villes. Aux Philippines, le confinement est remis en question par des manifestations exigeant de la nourriture et d’autres produits de première nécessité. En Algérie, les prolétaires refusent de suspendre les manifestations qui se sont enchaînées les unes après les autres bien avant le confinement. En Inde, les travailleurs migrants se sont affrontés à la police. En Italie, des actions sont organisées au cri de « Nous devons ensemble reprendre ce qu’ils nous prennent ». Les mutineries dans les prisons et les centres de détention pour immigrés clandestins se déplacent de pays en pays. Les pillages et l’appel à ne pas payer de loyers, ainsi que les grèves de ceux qui continuent à travailler, commencent également à s’implanter dans certains endroits. Comme les réseaux d’entraide et les caisses de résistance.

Les différents États-nations tentent de surmonter ou de contenir ces protestations en tirant parti des possibilités offertes par l’état d’urgence. Le président des Philippines a été clair à ce sujet lorsqu’il a déclaré que toute personne qui se soustrait au confinement sera exécutée. D’autre part, ils ont annoncé de petites concessions comme la libération temporaire de 100 000 prisonniers en Iran, ou la création de chèques sociaux pour la nourriture en Italie. D’autres États, essayant d’anticiper les protestations, jettent de misérables carottes qui, nous en sommes convaincus, ne serviront ni à apaiser la faim ni à satisfaire les vastes besoins réprimés depuis des siècles par un capitalisme qui prend aujourd’hui une nouvelle tournure encore plus insupportable.

Ces premières escarmouches organisées contre l’état d’urgence mondial démontrent que le prolétariat ne restera pas enfermé à la maison, qu’il ne se laissera pas mener à l’abattoir, ni qu’il acceptera de se sacrifier pour l’économie. Mais nous devons organiser toute cette réplique au niveau international et l’approfondir jusqu’au cœur de la bête capitaliste. Faire changer la peur de camp, que la panique s’installe dans les rangs de la bourgeoisie. Que la peur de la pandémie du coronavirus se transforme en peur de la pandémie de la révolution.

La guerre contre le coronavirus est une guerre contre le prolétariat mondial !

Imposons nos besoins humains aux besoins du capitalisme mondial !

2 avril 2020
Prolétaires Internationalistes

1 Précisons que malgré l’état d’urgence et le confinement, déclaré dans des dizaines de pays dans le monde, le capital continue à maintenir en activité les secteurs productifs qu’il juge nécessaires, obligeant les prolétaires de ces secteurs à aller travailler et les confinant à domicile immédiatement après. Même dans les pays où la production et la circulation sont les plus paralysées, le décret sur « le travail dans les secteurs essentiels », qui donne l’impression qu’ils sont destinés à nos besoins humains, est si ambigu et si souple qu’il n’entrave pas les besoins du capital.

2 Nous ne pensons pas qu’il soit pertinent d’approfondir dans ce texte des questions liées à l’origine spécifique du COVID-19. Premièrement, parce que nous ne pouvons rien affirmer clairement car nous n’avons pas assez d’éléments pour le faire, et deuxièmement, parce que le plus important c’est de comprendre que la production et la diffusion des pandémies actuelles sont le résultat du mode de production et de circulation capitaliste. Voir à ce sujet : Contagion sociale – Guerre de classe microbiologique en Chine, du groupe Chuang (https://dndf.org/?p=18327) et Les pandémies du capital (http://barbaria.net/2020/03/29/les-pandemies-du-capital/) du groupe Barbaria.

3 Nous tenons à préciser, sans pour autant rentrer dans plus de détails dans le cadre de ce petit texte, que non seulement nous rejetons le fait que guérir une maladie soit un acte médical, comme le système de santé du capital et la médecine « officielle » voudrait nous le faire croire, mais que notre conception de ce qu’est une maladie, un virus, et plus généralement notre conception de ce qu’est la santé, se situe aux antipodes de la science. Assurément, si la science sert à quelque chose, c’est bien à développer les conditions nécessaires pour que le capitalisme continue à fonctionner, continue à tout anéantir et à tout écraser, à franchir les obstacles, à dépasser les limites, etc. Ses différentes articulations permettent l’adaptation et la phagocytose du capital.

Cela ne signifie pas que nous cautionnions ou proposions un système ou une approche « alternative ». Le système technoscientifique est prompt à condamner ses détracteurs sous l’étiquette de « pseudoscience », mais notre critique du système de connaissance dominant et totalitaire dans la société capitaliste met également en évidence les phénomènes qui sont catalogués de cette manière. De plus, ces « thérapies alternatives » agissent toujours davantage comme des soupapes de sécurité et des techniques complémentaires à la « médecine officielle ».

4 Il est clair que ce grand camp de concentration n’est pas pareil pour tout le monde. Cela se traduit non seulement dans des aspects concernant le travail, mais le confinement lui-même est vécu d’une manière totalement différente. Rappelons-nous la campagne « Restez chez vous », promue au moyen de vidéos dans lesquelles certaines célébrités, depuis leurs « petits jardins » ou de l’intérieur de leurs « modestes villas », haranguaient sur le fait que nous devions rester à la maison ; des milliers de citoyens les ont reproduites depuis les boîtes d’allumettes dans lesquelles ils vivent.

5 Voir notre texte Révolte internationale contre le capitalisme mondial (http://www.fr.proletariosinternacionalistas.org/revolte-internationale/)

6 Nous ne faisons pas seulement référence aux décès qui sont associés au COVID-19 par les États, mais nous incluons ceux générés par l’État avec ses mesures. Certains camarades se demandent s’il faut aussi la qualifier de guerre chimique directement dirigée contre le prolétariat (ce qui n’implique pas de parler de préméditation – même si nous savons que notre ennemi l’a déjà utilisée dans le passé et n’a pas cessé de développer la recherche dans ce domaine – mais plutôt de son effet objectif), en particulier contre les secteurs que le capital considère comme improductifs et qui pèsent lourdement sur les caisses de l’État ; et ce sont précisément ces secteurs que le coronavirus frappe : les personnes âgées, les prisonniers, les immunodéficients…

7 Nous ne prétendons pas que ce processus va se développer immédiatement, mais nous affirmons effectivement que dans le cadre de « la pandémie du coronavirus » ce processus a amorcé un saut qualitatif vers son déroulement.

Traduction française : Los Amigos de la Guerra de Clases

Source en français : https://fr.proletariosinternacionalistas.org/contre-la-pandemie-du-capital/

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La contagion de la révolte s’étend !

Depuis la publication de notre précédent texte, fin mars (1), le cours des événements n’a fait que confirmer ce que nous y dénoncions : la guerre contre le coronavirus est une guerre contre le prolétariat mondial. La déclaration d’une pandémie était le bouc émissaire, une excellente occasion et une couverture pour imposer toute une série de mesures brutales que la dictature du profit exige despotiquement. Il s’agit d’enfermer le prolétariat dans toutes sortes de mesures d’austérité, d’imposer des horaires de travail encore plus intenses et plus longs, en échange de salaires de plus en plus précaires, de faciliter les licenciements, d’exterminer les immenses surplus de la population, d’assurer leur mise en œuvre par le contrôle et la terreur, et d’endiguer la vague de révoltes en 2019 en relançant un nouveau cycle d’accumulation.

L’isolement que le capital tente d’imposer représente la négation du prolétariat en tant que classe révolutionnaire, l’aliénation de sa communauté de lutte, afin de détruire non seulement son processus actuel d’associationnisme, mais aussi sa puissance future (qui est déjà évident dans les luttes actuelles). Tel est le véritable objet de l’état d’alerte (2) : concrétiser les besoins intrinsèques du rapport social capitaliste.

Si toute cette guerre a d’abord réussi à paralyser le prolétariat, la vérité est que notre classe a vite compris dans sa chair de quoi il s’agissait : les conditions matérielles encore pires dont elle souffrait partout n’étaient pas dues à la « pandémie » (3), mais à la nécessité de valoriser le capital.

Les premiers signes que le prolétariat a compris de cette réalité, se sont manifestés dans les expressions de lutte que nous avons saluées dans notre texte précédent. Les émeutes et révoltes dans les prisons de nombreux pays, les protestations dans le Hubei, les pillages et conflits en Italie ou au Panama, l’extension des actes de désobéissance aux mesures de l’Etat d’alarme et d’enfermement… Ce sont les escarmouches qui annoncent que le prolétariat s’apprête à reprendre la vague de luttes contre le capitalisme qui a commencé en 2019.

Nous disions aussi que les milliards de capital fictif qui maintenaient, avec une importance de plus en plus décisive, les flux de capitaux depuis des décennies, et qui maintenant étaient injectées massivement dans l’échange mercantile effectif, avec une création massive de signes de valeur sans aucun support ni limite, créeraient une dévaluation sans précédent, une destruction de capital aux conséquences imprévisibles qui pousserait le prolétariat à bout. Le Liban, premier pays à voir une révolte contre l’état d’alerte se propager sur son territoire, a été en même temps le premier à voir sa monnaie toucher le fond. L’État libanais, qui s’était déclaré en faillite et en défaut de paiement, a vu comment la hausse impressionnante des prix des marchandises exprimait une réduction drastique de la valeur que la monnaie prétendait représenter (jusqu’à deux tiers). Les prolétaires qui avaient encore quelques misérables billets (la grande majorité d’entre eux n’en avait même pas) pour couvrir une partie de leurs besoins essentiels, les voyaient s’évaporer.

Confinés chez eux, avec toutes sortes de réunions interdites et avec la milice marchant dans les rues, la situation est devenue dramatique. La perspective était de se prosterner et d’accepter, confinées, les funérailles qu’on lui préparait ou de parier sur la vie. Une fois de plus, le prolétariat a pris parti sur la vie en descendant dans la rue en masse. Depuis lors, la flamme de la révolte a de nouveau éclairé les ténèbres de ce monde, s’étendant à différentes régions, brisant l’enfermement, les interdictions réunions et de mobilisations, la répression et l’ensemble des mesures de l’état d’urgence. En Irak, Iran, Panama, France, Colombie, Venezuela, USA, etc., la vague de luttes initiée en 2019 reprend, remettant en cause les plans de restructuration de la bourgeoisie et opposant avec force une autre « nouvelle normalité » à celle que la bourgeoisie mondiale voudrait imposer.

Du Liban aux États-Unis…

La « Nuit des Molotovs » a été le premier revers sérieux que le capitalisme mondial a reçu dans sa « guerre contre le coronavirus ». À la mi-avril, les grandes villes du Liban ont connu des protestations et des affrontements auxquels les militaires ont répondu avec leur brutalité habituelle. Le 26 avril, une manifestation a été réprimée par des tirs, tuant le jeune Fawaz Fouad et blessant 30 autres manifestants. Cette même nuit, une réponse impressionnante du prolétariat se déchaîne, dans ce qu’on appelle la nuit des Molotovs. La milice a été débordée par la rupture générale de l’état d’urgence et la pluie de cocktails Molotov remplaçant les pierres. Depuis lors, les banques, les milices, les postes de police et autres expressions du capital souffrent quotidiennement de la chaleur des Molotovs tandis que depuis les fenêtres, les cris et les casseroles soutiennent chaque incendie et manifestation de notre classe.

Bien que le gouvernement ait tenté de détourner l’attention en annonçant un plan en cinq phases pour sortir de l’enfermement, proclamant la réussite sanitaire (4), les prolétaires n’ont pas cessé d’intensifier leur révolte, dénonçant la misérable vie sous le capital comme la véritable pandémie. L’État ne peut offrir que des balles, des morts, des amputations, des tortures et de la misère, auxquels on répond par l’extension du port des cagoules et jets de Molotovs, tout en organisant des expropriations et des réseaux de soutien pour la distribution de nourriture et de produits de base.

Mais si la première révolte contre l’état d’alerte mondial a eu lieu au Liban, ce n’est que la cristallisation sur ce territoire de la lutte internationale du prolétariat contre les conditions de vie imposées par le capital (5). Bien que notre lutte ait toujours été basée sur cette réalité, que quel que soit le lieu où elle se déroule, elle fait partie de la même lutte mondiale, pour les mêmes besoins et contre le même ennemi, il est vrai que la bourgeoisie déploie toutes sortes de ressources et d’idéologies pour isoler, sectoriser, particulariser, nationaliser et présenter comme différentes les diverses expressions d’une même lutte, comme s’il s’agissait d’expressions indépendantes, comme si elles étaient étrangères les unes aux autres et de nature ou d’origine différente. Mais le développement de la catastrophe capitaliste n’a cessé d’homogénéiser de façon de plus en plus brutale les conditions d’existence misérables du prolétariat, rendant les manœuvres de la bourgeoisie plus difficiles.

Avec l’imposition de l’état d’alerte mondial, le capital a fait un autre saut qualitatif dans cette homogénéisation. Partout, les mêmes mesures, les mêmes sacrifices, les mêmes attentats terroristes. La pandémie était la couverture appropriée pour tenter de cacher la généralisation de cette attaque capitaliste contre le prolétariat (6), l’homogénéisation brutale de nos conditions de vie au niveau international.

C’est la lutte du prolétariat qui a démasqué la bourgeoisie mondiale et mis en lumière que la pandémie comme la couverture pour lui faire la guerre, pour imposer les besoins économiques que le capital exige au-dessus des besoins humains les plus élémentaires. Les prolétaires en lutte expriment sans réserve que les morts que le capital attribue au COVID-19 sont une anecdote à côté du massacre quotidien dans la vie capitaliste, et que les conditions implantées avec l’état d’alerte n’ont fait qu’empirer. Si, comme nous le disons, la première révolte depuis l’imposition de l’état d’alerte s’est cristallisée au Liban, synthétisant et amplifiant les protestations, oppositions et tentatives qui avaient eu lieu auparavant sous diverses formes dans le monde entier (dans les prisons, avec des grèves – également internationales comme celle du Glovo ou de l’Amazone -, avec des pillages, des manifestations…), sa cristallisation dans de nombreux autres endroits exprime le développement de la lutte internationale de notre classe.

Sans aucun doute, l’Irak est un autre endroit où la lutte a pris des proportions considérables. Rappelons que cette région a été l’un des bastions de la lutte ces derniers mois. Après une première impasse due à l’état d’alerte et à certaines concessions de l’État (libération de prisonniers, enquête sur les abus de la police…), les manifestations ont repris début avril. A cette époque, plusieurs villes de la région ont commencé à défier l’état d’alerte. Bagdag, Diwaniya, Bassora, Nassiruya et Kout sont quelques-unes des villes où se sont déroulés de durs affrontements avec la police. Bientôt, les protestations se sont transformées en émeutes sur tout le territoire, reprenant au point où elles avaient été abandonnées avant l’imposition de l’état d’urgence. La place Tahrir de Bagdad a été une fois de plus l’un des centres d’organisation de la lutte dans la région. Les tentatives d’assaut de la « zone verte » (un endroit stratégique pour la bourgeoisie), les barricades aux accès de la zone du pont (al-Khumhuriyah), les pierres et les Molotovs volant au-dessus des têtes des milices et explosant dans les banques, les résidences bourgeoises, etc. inquiètent une fois de plus la bourgeoisie.

Elle s’inquiète du fait qu’en France aussi, les protestations se sont étendues, surtout dans les banlieues. Dans l’Oise, à Amiens, dans les Yvelines, à Elbeuf, à Compiègne… les prolétaires font face à la police avec des barricades, des Molotovs et des fusées éclairantes. A Mulhouse, les rues ont été prises d’assaut après qu’un garçon de seize ans ait été blessé par la police anti-émeute. Comme en Ile-de-France, où la colère s’est déchaînée parce qu’une voiture de police a écrasé et tué un garçon de dix-huit ans. Dans d’autres endroits comme la Seine-Saint-Denis, ils ont tendu des embuscades aux policiers et attaqué des symboles du capital. Pour tenter de calmer les choses, l’État français a décidé de retirer temporairement la police des banlieues les plus combatives.

Mais il n’y a pas que les banlieues qui connaissent des jours de lutte. Les grèves se succèdent dans divers secteurs et entreprises (Amazon, Nancy, Deliveroo, décharges, personnel de santé…), certaines expropriations se reproduisent à Marseille et à Lille, et les prisons et centres de détention pour migrants font l’objet de protestations et d’émeutes, comme à Uzerche, à Rennes ou en Corrèze, où des prisonniers ont détruit et brûlé différentes parties de la prison et sont montés sur le toit.

Même à Mayotte (département français de l’océan Indien), où les prolétaires refusent l’isolement et l’enfermement et violent le couvre-feu, les policiers envoyés pour faire respecter l’enfermement sont constamment confrontés à des barricades et des pierres. En Belgique, l’État fait rage dans les banlieues pour contenir la colère du prolétariat, surtout après l’émeute qui a suivi la mort d’un jeune homme à un poste de contrôle de police.

Avec l’arrivée de la révolte aux États-Unis, la lutte internationale a pris un nouvel essor. Le meurtre de George Floyd le 26 mai dernier par la police de Minneapolis a été la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. Comme un volcan en éruption, les prolétaires ont libéré leur fureur contenue et satisfait les besoins que le capital réprime. Au cri de « Je ne peux pas respirer », notre classe a fait écho aux paroles de Floyd, tout en exprimant l’impossibilité de vivre dans les conditions sociales imposées par le capital. Ce qui a commencé à Minneapolis s’est rapidement répandu dans tous les États-Unis et au-delà. Attaques contre la police, incendies et agressions de divers commissariats, pillages, destruction de banques et d’autres entités du capital… Des symboles et statues bien connus de la classe dirigeante ont été touchés, comme les statues de Churchill, Christophe Colomb, etc. détruits ou décapités dans de nombreuses villes, non seulement aux États-Unis mais aussi dans des régions comme le Royaume-Uni ou la Belgique. Dans cette dernière, les protestations et les manifestations se sont étendues à des villes comme Bruxelles et Liège, laissant des monuments historiques en l’honneur du roi Léopold II détruits et décapités.

La révolte aux Etats-Unis a rapidement pris une telle ampleur qu’il faut remonter plusieurs décennies en arrière pour se souvenir sur ce territoire d’une affirmation similaire du prolétariat contre le capital. L’État a dû décréter un couvre-feu dans de nombreuses villes et les soldats de la Garde nationale ont été mobilisés pour intervenir. Le nombre de personnes blessées et tuées par la répression continue d’augmenter, comme à Atlanta, où la police a tiré dans le dos de Rayshard Brooks, mais les prolétaires, loin de battre en retraite, réagissent de manière décisive à chaque attaque de l’État.

…en passant par toutes les parties

Aujourd’hui, nous pouvons dire, malgré le fait que dans de nombreuses régions, notre classe est encore étourdie et soumise à toute la paranoïa de la peur répandue par les différents appareils d’État, que les luttes que nous, prolétaires, menons d’un endroit à l’autre reprennent la confrontation internationale qui a commencé avant l’imposition de l’état d’alerte mondial. Le prolétariat défend ses besoins contre ceux du capital en s’opposant à ces mesures : faire face à létat d’alerte, à ces mesures exceptionnelles, à l’enfermement, aux « ajustements », à ce que la bourgeoisie appelle dans certaines régions la « nouvelle normalité » (7), etc.

Bien que nous ayons voulu mettre en évidence certains des endroits où la révolte du prolétariat est particulièrement importante, nous ne voulons pas diminuer l’importance de la façon dont le prolétariat exprime la lutte dans d’autres endroits, en essayant de généraliser la révolte.

Par exemple, au Venezuela ou en Colombie, le prolétariat exprime son refus de se sacrifier aux besoins du capital en prolongeant les protestations, en coupant les rues et en pillant les marchés ou les camions de nourriture, en attaquant les bureaux de banques… Au Panama, des barricades et des incendies s’affrontent à l’armée dans les rues. Au Chili, les prolétaires reprennent peu à peu la lutte par des émeutes comme celle d’Antofagasta ou de Valparaiso. En Italie, les expropriations ont été répétées au point que la police patrouille dans les supermarchés. Les groupes prolétariens organisés exproprient et réclament des expropriations parce que « l’argent pour acheter a disparu ». Des grèves ont également eu lieu, comme celle qui a eu lieu récemment à Whirlpool, à Naples. Ainsi que des manifestations de solidarité avec les prisonniers et contre les politiques pénitentiaires. En Allemagne, des protestations et des manifestations contre les mesures en place ont lieu depuis la fin du mois de mars, comme en Iran et dans une grande partie du Moyen-Orient. En Uruguay, il y a eu des manifestations pendant et contre l’enfermement, comme la grande manifestation devant le Palais législatif, et toutes sortes de résistances de différents quartiers accompagnées de slogans « Ils ne veulent pas de nous en bonne santé, ils nous veulent esclaves ! » Ou encore au Mexique, où des émeutes ont éclaté après la mort (encore un) de Giovanni López, un jeune homme qui, un mois auparavant, avait été arrêté pour ne pas avoir porté de masque et battu à mort par la police dans la ville d’Ixtlahuacán de los Membrillos. Les protestations ont commencé le 4 juin à Jalisco et se sont étendues à la capitale et à d’autres parties de la région, mettant le feu aux patrouilles, aux postes de police, au palais du gouvernement de Guadalajara et à d’autres expressions du capitale au cri de « Il n’est pas mort, ils l’ont tué !

Ainsi nous pourrions continuer, en soulignant comment le prolétariat cherche à faire valoir les mêmes besoins, les mêmes intérêts, face au même ennemi, aux mêmes conditions de vie partout dans le monde. La lutte internationale du prolétariat prend différents niveaux de cristallisation et de force, différentes formes et différents lieux où elle peut se matérialiser. Dans cette situation, et dans la perspective de la consolidation et de l’intensification de la guerre de classes, un des aspects fondamentaux pour la progression du projet communiste d’abolition du capitalisme, de l’État, des classes sociales, du travail et de l’argent, est de renverser les forces qui freinent de l’intérieur le développement de la perspective révolutionnaire.

Nous faisons référence aux forces qui, vêtues de faux vêtements de lutte, nous détournent de nos objectifs en nous menant sur des chemins qui perpétuent ce monde de mort, en canalisant notre pouvoir. Ces forces se consolident et se développent sur la base de nos propres faiblesses, les limites mêmes que les luttes contiennent. Critiquer, dénoncer et dépasser ces limites est une condition indispensable à l’affirmation révolutionnaire. Ce n’est pas le lieu pour approfondir et développer toutes ces limites, qui ont d’ailleurs été abordées par divers camarades révolutionnaires et minorités au cours des dernières années, les exprimant dans de nombreux documents, mais nous pensons qu’il est nécessaire de faire brièvement référence à certaines de celles qui sont actuellement sous les feux de la rampe.

Quelques limites des luttes actuelles

Si, d’une part, nous voulons faire connaître la lutte que les porte-paroles du capital tentent de cacher par tous les moyens (8), nous voulons également mettre en évidence certaines des faiblesses qu’elle contient. Le but n’est autre que de renforcer la direction révolutionnaire contenue dans notre lutte, de défendre l’autonomie des classes contre toutes les tentatives de cadrage, de division et de frontisme. Ce n’est qu’en menant les luttes en cours jusqu’aux conséquences ultimes, en renversant tous les éléments d’encadrement, non seulement les plus évidents, comme l’action répressive de l’État, mais aussi les plus sibyllins et dangereux, comme les idéologies qui rendent possible la cadrage et la neutralisation bourgeoises, que nous pourrons avancer vers la destruction du capitalisme.

La présence d’idéologies biaisées qui considèrent les problèmes sociaux comme des aspects partiels pouvant être résolus indépendamment de la totalité qui les génère, qui créent des mouvements spécifiques pour les aborder, continue d’être l’un des fardeaux du prolétariat. En faisant basculer la lutte vers des aspects partiels, toutes ces idéologies sont un soutien au capitalisme en éloignant la lutte de la racine du problème. L’antiracisme, le féminisme ou l’écologisme sont parmi les plus importantes idéologies biaisées. Tous font évoluer la lutte vers des questions interclasses. Cependant, pour de nombreux prolétaires, ils représentent une lutte et un sentiment partagé, que ce soit contre le racisme, contre le sexisme ou contre la destruction de la planète. Parce qu’ils partent d’un problème existant, mais de manière isolée, sans comprendre que c’est le capital qui organise et gère ces questions. Si le machisme, le racisme ou la destruction d’une forêt ne sont le but d’aucun bourgeois, ce sont des éléments inhérents au taux de profit et donc nécessaires au capital, et à l’ensemble de ces bourgeois (9).

Le manque de démarcation des classes a été et est un problème pour surmonter l’état actuel des choses et aussi pour laisser derrière soi ces mouvements biaisés et réformistes qui ne voient dans le Capital, tout au plus, qu’un problème comme les autres. Il n’est donc pas nécessaire d’ajouter la critique anticapitaliste à ces cloisons, il ne s’agit pas d’unir ce qui est séparé, mais de constater la dimension totale de la société capitaliste dans laquelle nous vivons.

Lorsque nous critiquerons telle ou telle idéologie, il y aura beaucoup de camarades qui se sentiront attaqués, qui ne comprendront pas que ce que nous attaquons est une conception aliénante de la lutte. Dans sa propre lutte, le prolétariat exprime ses propres faiblesses à travers ces questions idéologiques, interclasses et immédiates. Mais de ce même combat, elle tire des leçons et des directives, dont notre critique n’est qu’une expression. C’est le processus par lequel le prolétariat se délimite de son ennemi historique et des idéologies que la vie capitaliste elle-même affirme, c’est son processus d’être constitué en classe.

Bien sûr, la force de ces idéologies ne se situe pas au niveau individuel, mais dans le mouvement lui-même. Les prolétaires eux-mêmes qui luttent contre le capital sont poussés par leurs propres conditions matérielles et sont la plupart du temps prisonniers de diverses idéologies. Ce qui est décisif dans la lutte, c’est de savoir si ces idéologies finissent par dominer et canaliser le mouvement ou si elles sont renversées dans leur propre développement.

Aux États-Unis, nous avons souffert de cette idéologie biaisée sous la forme de l’antiracisme, en essayant de faire de la lutte une question de race. Mais toute remise en cause du racisme qui ne s’attaque pas à la base du capital ne fait que le renforcer, car on ne peut pas lutter contre le racisme – ni comprendre son fonctionnement – si on ne part pas d’une critique profonde du capital. Le prolétariat américain a bouleversé cette idéologie lorsque des prolétaires de toutes les races sont descendus dans la rue pour remettre en question le capital, pour imposer leurs besoins, pour dire au capital qu’on ne peut pas respirer sous sa botte. Pourtant, la force de cette idéologie demeure.

Tentatives de repolarisation bourgeoise

La bourgeoisie cherche toujours à encadrer la lutte du prolétariat en deux camps qui n’aspirent qu’à des objectifs bourgeois et réformistes. Elle sert non seulement à telle ou telle faction pour distorsionner la lutte du prolétariat dans son propre intérêt, mais au capital en général pour neutraliser la lutte révolutionnaire. La quintessence de l’hameçon a toujours été la fausse dichotomie entre fascisme et antifascisme. La région espagnole des années 1930 nous a donné la leçon la plus claire de cette polarisation lorsque le prolétariat révolutionnaire, qui remettait en question toutes les formes que prenait l’État, a finalement été enfermé dans cette dichotomie délicate, et criblé de balles entre (et par) les deux camps. La prétendue Seconde Guerre mondiale a été le corollaire de cette machination ; dynamisant, ainsi, le capital en sacrifiant la vie de millions de prolétaires. Aujourd’hui, aux États-Unis, l’État tente une fois de plus de canaliser la lutte sous ces étiquettes, en définissant « Antifa » comme une organisation terroriste. Il essaie d’encadrer les manifestants avec cette veille polarisation revêtue avec des vêtements modernes, tout en les criminalisant. Bien que le nom « Anti-Fa » ne fasse référence à aucune organisation formelle particulière et que l’antifascisme en tant que mouvement soit actuellement une expression partielle et minoritaire des prolétaires en lutte, nous ne pouvons manquer de constater cette tentative d’encadrement de l’État bourgeois.

Mais la polarisation la plus influente qui se dessine à l’horizon, et à laquelle la bourgeoisie de tous les pays nous pousse, est la lutte entre les fractions du capital qui s’exacerbe, avec en toile de fond la guerre commerciale, principalement entre l’État des États-Unis et celui de la Chine. Le prolétariat est tenté de s’intégrer dans un des camps bourgeois : les Etats chinois et russes se définissent contre le pouvoir des financiers occidentaux ; les Etats occidentaux dénoncent la Chine comme celle qui a développé le coronavirus, etc.

Il s’agit de nous faire croire, d’une part, que la production matérielle capitaliste est faite pour nos besoins et que nous devons la défendre contre le parasitisme de la finance qui l’opprime, des banques, de l’élite, du 1% ; d’autre part, on essaie de nous vendre que la production matérielle des objets pour satisfaire nos besoins a besoin de l’argent de la finance, que l’argent est un outil qui peut être utilisé pour les besoins humains. Mais les deux camps ne sont que de simples alternances bourgeoises. Ces deux fractions (qui sont, par contre, interconnectées) ne sont que deux expressions du capital, deux formes sous lesquelles le capital passe dans son existence.

Il est clair que le capital n’est pas seulement la banque ou l’argent, Rockefeller ou Bill Gates, tout comme il n’est pas seulement l’usine, l’entreprise ou la marchandise, le grand patron ou le petit patron. La conviction que certaines de ses expressions, aussi centrales soient-elles à des moments particuliers ou aussi exercent elles une puissance et pouvoir sur d’autres, sont la personnification ‘exclusive du capital, nous fait sortir du terrain révolutionnaire car on considère que le capitalisme serait supprimé par la simple élimination des patrons, ou des « grandes familles » ou même de toute l’élite financière mondiale actuelle. Bien sûr, nous devons lutter contre tous ces personnifications du capital, mais leur pouvoir social provient du capital, qui est un rapport social, en fait, un sujet qui domine et subsume toute l’activité humaine et qui est matérialisé et personnifié sous de multiples formes et niveaux. C’est pourquoi le communisme est un mouvement de transformation sociale, de suppression et de dépassement des conditions existantes.

La perspective et la nécessité d’une structure internationale

Dans la situation actuelle que nous subissons et que le capital nous a préparée, et celle qui s’annonce, une des grandes limites que nous avons est la faiblesse à structurer et à centraliser la lutte au niveau international, en organisant et en élargissant l’associationnisme prolétarien, et surtout en organisant le pouvoir de la révolution qui doit s’opposer et briser le pouvoir du capital. Cet aspect central de la lutte prolétarienne, plus que jamais, suppose notre perspective prioritaire et son affirmation contient la cristallisation de notre pouvoir révolutionnaire.

Le capital, c’est organiser, structurer, non seulement pour tirer le maximum de profit en extrayant chaque goutte de notre vie, mais aussi pour préparer les mécanismes, juridiques, policiers, sociaux, etc. pour réprimer notre colère et nos luttes. La dictature démocratique du capital se présente aujourd’hui avec une transparence extraordinaire qui montre, une fois de plus, la critique que nous, révolutionnaires, avons toujours faite et approfondie (10).

La seule alternative au présent et au futur contre la bourgeoisie et sa société, est la réponse internationale et révolutionnaire que le prolétariat tente de matérialiser, en s’affirmant comme une force unitaire organisée qui s’oppose au pouvoir bourgeois

Malgré les différences de notre communauté de lutte, malgré l’hétérogénéité existante dans les divers aspects de la lutte, la base de notre action est la lutte contre les conditions imposées par le capital, contre l’état d’alerte, contre les besoins de son économie, de ses banques, de ses entreprises… C’est dans ce domaine que les diverses hétérogénéités peuvent et doivent être traitées, discutées, confrontées. Et c’est là, dans l’affrontement contre l’ordre existant, que le prolétariat puise son unité, que la communauté de lutte à l’écosystème à partir duquel elle se développe et s’autonomise. Il existe de nombreuses façons d’exprimer les positions de classe, et aussi différentes façons de percevoir les moments historiques et notre rôle dans ceux-ci, mais comme toujours, ce qui est fondamental et ce que nous nous efforçons d’organiser est ce que nous faisons, est la pratique que nous menons. Nous partons de la lutte contre les conditions auxquelles nous sommes soumis, contre les mesures de l’État répressif, nous partons de la négation, de la confrontation directe avec le capital.

Aujourd’hui, nous pouvons voir un exemple clair de tout cela dans la lutte que le prolétariat cristallise contre l’état d’alerte mondial et les différences dans l’importance accordée au virus parmi les différentes expressions qui luttent. Nous voyons des expressions en lutte de notre classe qui mettent en évidence les données qui nous sont données par l’État et qui le dénoncent comme un aspect central de la catastrophe capitaliste et de l’aggravation de nos conditions matérielles – ce qui donne aussi beaucoup de pertinence à l’origine du virus – mais cela ne les conduit pas à nier le véritable objet qui détermine létat d’alerte (11). Nous voyons d’autres expressions qui dénoncent que tout cela est une exagération de l’État (12) pour imposer un nouveau serrage de vis du capital, que l’axe devrait être placé sur les mesures après la déclaration de la pandémie et non sur la pandémie elle-même. Mais au-delà des différences, l’important est que les positions soient mises en avant à partir de la lutte, des besoins, de l’opposition au capital, de l’affrontement à létat d’alerte, au confinement et à toutes les mesures déployées par le capital. Car il faut partir du principe que létat d’alerte (confinement et autres mesures) est un état de guerre contre le prolétariat. Indépendamment de ces différences, ces expressions comprennent, plus ou moins clairement, que tout ce que les États ont mis en place est pour les besoins de la valorisation et qu’on doit être opposé à celle-ci.

C’est pourquoi nous nous retrouvons ensemble à nous battre dans les rues, à comploter, à briser le confinement, à désobéir, à discuter, à remettre en question les besoins de l’économie et à essayer d’imposer les besoins humains. C’est sur ce terrain que le prolétariat a toujours organisé et développé sa lutte, mais aussi les polémiques et les discussions nécessaires. Comme nous essayons de le faire aujourd’hui malgré les nombreuses difficultés qui existent. C’est sur ce terrain que le prolétariat pose à nouveau les bases pour s’affirmer en tant que classe révolutionnaire au niveau international. Soyons cohérents avec cela et faisons avancer à tous les niveaux la structuration internationale du prolétariat pour abolir ce vieux monde.

Des luttes partout… que ce soit la nouvelle normalité !

Contre l’état d’alerte, contre le confinement, contre la nouvelle normalité, contre le capital et l’État.

Imposons nos besoins humains !

Prolétaires Internationalistes
28 juin 2020.

1 Voir, « Contre la pandémie du capital, révolution social ! » sur notre site.

2 Sous l’étiquette détat d’alerte, d’urgence, etc., nous faisons bien sûr référence à toutes les mesures déployées par l’État : confinement, licenciements, aménagements, expulsions, terreur médicale et scientifique, masques, vaccinations, amendes, arrestations, fusillades, disparitions, emprisonnements, injections de capitaux…

3 Nous tenons à souligner que le terme « pandémie » est déjà un piège. Elle fait partie du langage scientifique et repose sur le fait de prendre un aspect biologique, comme l’existence d’un virus, comme facteur essentiel d’une maladie. La science, dans sa logique de séparation, voit le virus comme une menace pour les êtres humains, les animaux et leur environnement. Sa compréhension du monde, qui est basée sur la rationalité capitaliste, ne peut pas percevoir l’écosystème comme un tout organique, mais comme des êtres isolés agissant par eux-mêmes. Mais un virus étudié en laboratoire n’a rien à voir avec le même virus dans telle ou telle ville. Un virus qui se développe et vit en tant que partie équilibrée d’une société n’a rien à voir avec ce que ce virus ferait dans un autre endroit, dans une autre société… Sous la loupe scientifique, des éléments beaucoup plus décisifs que le virus sont brouillés, comme la façon dont les êtres humains vivent et se comportent les uns envers les autres. Dans cette optique, dans nos documents, nous utilisons le terme « pandémie » de manière interchangeable, avec ou sans guillemets, avec ou sans nuance. Il ne s’agit pas d’entrer dans l’arène scientifique pour discuter de l’utilisation correcte de cette terminologie, pour remettre en question les critères scientifiques utilisés pour définir quelque chose comme une pandémie, mais pour comprendre que le terme lui-même est une interprétation bourgeoise de la réalité. Dans l’histoire, une telle terminologie a été utilisée pour donner la responsabilité exclusive à un virus de tel ou tel mal qui a affligé l’humanité en dissimulant les véritables facteurs décisifs.

4 L’État libanais n’a officialisé qu’une trentaine de décès associés à COVID-19, un chiffre qui montre aussi combien il est intenable de justifier dans certains endroits toutes les mesures d’alerte terroriste sous prétexte de la pandémie.

5 Rappelons que le Liban avait déjà été l’un des lieux où la révolte prolétarienne de l’automne 2019 a agi avec la plus grande force. La révolte s’est opposée à la fois au Hezbollah, qui est sorti pour réprimer, et à la guerre et à la canalisation religieuse dont souffre le prolétariat de la région depuis des décennies.

6 Il y a des États comme les Philippines qui ont du mal à sauver les apparences. Dans cet État, une loi antiterroriste vient d’être adoptée, en vertu de laquelle toute personne simplement soupçonnée par une autorité policière ou militaire d’être impliquée dans des activités terroristes peut être détenue pendant deux mois sans mandat d’arrêt et peut être surveillée pendant deux mois supplémentaires par voie numérique et par téléphone, ce qui signifie que tout appareil connecté à Internet, un téléphone, un ordinateur… est inspecté. La formulation juridique est telle que tout ce que font les suspects peut être considéré comme un « acte terroriste » et sera soumis aux formes et moyens extrajudiciaires de l’État.

7 Comme si nous n’avions jamais abandonné la normalité capitaliste à cause de l’irruption de l’état d’alerte, alors qu’en réalité nous n’avons fait qu’expérimenter un nouveau serrage de vis de la dictature de l’économie contre nos vies. D’autre part, la « nouvelle normalité » représente le développement conséquent de l’état d’alerte qui, loin d’améliorer les conditions matérielles de la vie, est le résultat direct de tout ce que la guerre contre le coronavirus implique. En d’autres termes, des conditions matérielles de survie encore pires pour les prolétaires du monde entier. Tout est présenté comme le développement capitaliste logique de la « vieille normalité » à laquelle aspire l’idéologie du moindre mal, présentant comme des réalités à choisir ce qui ne sont que des moments de la même misérable existence.

8 La dissimulation de notre lutte par les médias ne consiste pas seulement à essayer de ne pas mentionner telle ou telle révolte, elle consiste aussi, surtout lorsque cette révolte ou cette protestation ne peut être ignorée en raison de ses répercussions, à la déformer, à la fragmenter, à masquer sa racine commune.

9 L’esclavage et la traite des esclaves sont censés être rentables, mais le racisme est un élément inhérent à leur réalisation. La destruction de la planète n’est pas non plus un but en soi, mais la maximisation du profit ne peut être atteinte que par ce moyen. Le sexisme n’est pas non plus un but en soi, mais la manière dont le capital parvient à se reproduire efficacement. Que toutes ces réalités se développent en tant qu’aspects de la vie du capital implique évidemment qu’elles se matérialisent, se développent et s’expriment dans toutes les relations humaines de manière très différente. Ce qui est crucial, c’est que la critique ne reste pas seulement dans certaines de ces matérialisations, mais qu’elle atteigne la source, la racine, c’est-à-dire qu’elle soit radicale.

10 La démocratie n’est pas une forme politique, c’est le mode de vie propre au monde mercantile généralisé et son essence est la dictature du capital, qu’elle se cristallise au niveau politique en un gouvernement militaire, une république, une monarchie, etc. Nous vous recommandons de lire le livre de Miriam Qarmat « Contre la démocratie ».

11 En d’autres termes, ils font partie de la véritable communauté de lutte qui se bat contre le capital, contre l’État, contre ses mesures. Nous voulons clarifier ce point parce que nous nous opposons et dénonçons tous ces pseudo-révolutionnaires qui non seulement reproduisent en eux la panique semée par l’État, mais qui collaborent avec lui ou lui apportent un soutien critique, en étendant la terreur de l’État et en favorisant la répression. Prétendant être communistes ou anarchistes, ces pseudo-révolutionnaires suivent à la lettre les diktats de l’État, défendent le confinement et autres mesures de contrôle, regardant avec suspicion les prolétaires qui refusent de se soumettre, ceux qui se rassemblent pour combattre, ceux qui désobéissent à l’État.

12 Ce qui met en évidence notre impossibilité à corroborer ou à réfuter ces questions, et cela montre à quel point nos vies nous échappent.

Source en français : https://fr.proletariosinternacionalistas.org/la-contagion-de-la-revolte-2/

Version PDF A4
Version PDF A3 Booklet

 

 

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