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DOCUMENT POLITIQUE DE L’ASSEMBLÉE NATIONALE DES COLLECTIFS UNIVERSITAIRES

13-14 DÉCEMBRE 2008, TOR VERGATA – ROME, ITALIE

Le 13 et 14 décembre 2008, une assemblée nationale du mouvement universitaire a eu lieu à l'Université de Tor Vergata. Elle s’origine dans une demande largement partagée par les individus qui ont participé activement, ces derniers temps, aux protestations contre la loi 133 et contre toutes les mesures gouvernementales touchant l'École, l’Université et la Recherche.

A la première phase d’agitation spontanée du mouvement a succédé la définition explicite des revendications, des plateformes politiques. Dans cette seconde phase, forts des points de vue et des perspectives communs, nous avons décidé qu’il était nécessaire de confronter les parcours de lutte et les analyses politiques de l’évolution récente des choses. Naturellement, cette assemblée ne présente rien d’autre qu'un premier moment- nécessaire mais insuffisant : l’étape subséquente consistera à travailler ensemble pour agir sur la réalité quotidienne d’une manière efficace.

Les deux jours de débats ont consisté en deux assemblées sur l’auto-organisation et deux débats sur les relations entre «École et Université/Capital et Travail » et entre «Université et mouvements sociaux». Car la première exigence a été celle de faire le point des différentes expériences de la mobilisation et de poursuivre l'analyse théorique de façon [à mieux structurer nos propres pratiques] / [conférer à notre pratique une organisation plus structurée]. Par conséquent, Ce n’est pas un hasard si dans toutes les assemblées le pivot du débat a été celui de la lecture de la crise économique-financière…

Différemment de tous ceux qui se sont donnés beaucoup de mal à affirmer qu’il fallait affronter seulement une «crise de la finance», nous sommes convaincus de la nécessité d’affirmer vivement qu’il est ici question d’une crise d'accumulation capitaliste commencée il y a au moins trente ans; dont le récent effondrement financier n’est rien d’autre que la manifestation la plus obvie. Les organismes de spéculation et d’endettement à l’agonie ne sont pas le produit de quelques «pommes pourries», mais une des voies choisies pour résoudre les difficultés liées à la mise en valeur des capitaux à partir des années ‘70.

Dénoncer le capitalisme revient avant tout à affirmer l’impossibilité de sa réforme, l’impossibilité de la réforme d’un système qui se fonde sur l’exploitation et l’oppression : finance et économie réelle sont deux aspects du même mode de production. Partant, condamner seulement le capitalisme rapace des spéculateurs et des banques en faisant accroire qu’il y a un capitalisme tolérable ( ?) ou, pire, bon, qu’on devrait défendre, équivaut à se lancer dans une entreprise de mystification et d’abandon de ses propres armes critiques à l'ennemi.

Essayant de sortir de cette crise d'accumulation, le capital a utilisé différentes stratégies: en plus de la financiarisation et du contrôle des fonds et des politiques monétaires par des organisations transnationales, il a utilisé aussi la guerre globale et l'exploitation massive des pays du sud (soit en délocalisant la production, soit en spoliant les peuples dominés de leurs ressources naturelles). Avec l'aide de fausses oppositions politiques et du rôle actif des syndicats de concertation, les gouvernements et les entrepreneurs ont aggravé les conditions de vie des classes subalternes. En modifiant certains aspects fondamentaux de son organisation, ils se sont promis de remanier entièrement l’économie de la société : le rôle de l'État, le marché du travail, le système des retraites, la santé, les transports, encourageant en outre les dévastations de l'environnement et la privatisation des ressources tels que l'eau et l'air. De cette façon, ils ont limité et ôté de puissance l’état conflictuel de la société, ouvert de nouveaux espaces pour le marché et ont provoqué des besoins nouveaux et rentables.

L'enseignement et la recherche n'ont pas été épargnés dans ce vaste procès de précarisation et de marchandisation déchaîné ; ils ont été réformés en fonction de l'exigence de construction d'une économie prétendument fondée sur la connaissance. Les gouvernements des pays membres de l'UE sont en train d’harmoniser les systèmes de l'instruction pour construire un Espace Européen de l'Éducation Supérieure et de la Recherche (conformément, aussi bien que l'Armée européenne, à la difficile compétition sur la scène mondiale), en poursuivant presque partout des «réformes» de nature néolibérale (pensons à la France, à l’Espagne, à la Grèce...). L’examen des liens entre le système de formation, le cadre général de l’économie et les restructurations qui se produisent au niveau européen nous a permis de comprendre les mécanismes de sélection de classe et de disciplination à l’œuvre dans les institutions universitaires.

C’est dans cette perspective que l’assemblée a discuté, pour ne citer que quelques exemples pêle-mêle : l'introduction en Italie du 3+2, des apprentissages et des stages obligatoires pendant le cours des études, du système des crédits de formation (CFU), le nouveau rôle des particuliers dans les universités, le life-long learning, le démantèlement de ce qui reste du droit à l'étude (RU, résidences, bourses d’études).

Les crédits de formation sont un des points résolutoires de la confrontation: la position «suggérée» par les résumés de la rencontre à l’Université La Sapienza (workshop du 15 novembre), à savoir l'abolition du système des CFU par leur « inflation », a été vivement critiquée. Le crédit est défini comme la mesure du volume de travail d'apprentissage, y compris l’étude individuel, requis pour un étudiant en possession de la préparation initiale appropriée pour acquérir des connaissances et des habilités dans les activités de formation prévues par les systèmes didactiques des cours d’études (cfr. Décret Ministériel, 3 nov. 1999, n. 509).

Nous nous trouvons devant une simple mesure du temps d'apprentissage (et non pas de la connaissance), qui a contribué à la déqualification ultérieure de la didactique. Il renferme la somme du travail qui va de la didactique frontale (apprentissage formel) à l'étude à la maison, jusqu'à l'acquisition de skills et dispositifs pratiques sur les lieux de travail (apprentissage informel). L'acquisition d'une méthode ou une croissance d’ensemble culturelle et personnelle ne sont donc importantes : selon les exigences du marché, l’objectif est seulement le remplissage du temps «vide» avec une série de notions dispersées. Donc, si le crédit de formation porte, d’un côté,  plus loin dans le processus de marchandisation des savoirs (pensons aussi aux conventions corporatistes et honteuses de tout genre que les Universités ont signées pour toucher de l’argent; conventions rendues possibles justement par l'introduction des CFU), il contribue, par ailleurs, à créer un standard commun d'accès au marché du travail européen.

Ainsi, l'hypothèse avancée par certains secteurs du mouvement, l'« inflation » des CFU se montre paradoxale et marque un recul de nos batailles : on affirme vouloir critiquer le contenu, mais on ne touche pas le contenant. Au contraire, on en vient à collaborer avec le système des crédits, à le légitimer, à accroitre son crédit auprès des étudiants. Enfin, se produit l’introduction de logiques népotistes et de cooptation, dès la formation, à travers le développement des rapports privilégiés avec les professeurs et les autorités académiques qui doivent reconnaître le «contre- cours» (et qui ne se font pas trop de problèmes à le faire puisque, dans le cadre d'un assujettissement total des parcours des curriculum aux exigences du capital, il est conçu comme un épanchement dérisoire : déjà la loi Ruberti de 1990 prévoyait des activités de formation autogérées par les étudiants ; la loi Zecchino permit ensuite qu'une quantité très petite de crédits soit réservée à des activités de formation choisies par l’étudiant d’une façon autonome - cfr. le même Décret Ministériel). L'« auto-formation » avec les crédits est ainsi parfaitement compatible avec les exigences des pouvoirs académiques et économiques; le cours alternatifs ne les entame pas mais au contraire les renforce, en modérant les luttes.

La seule position possible et nécessaire est celle de lutter sans ambiguïté pour l'abrogation du système des crédits, en développant des initiatives culturelles, des rencontres, des débats autogérés d’une façon sérieuse et orientés dans un sens antagoniste ! Certes, on ne doit pas faire trésor de quelque «leçon» octroyée par des professeurs ou des chercheurs en quête de visibilité; on doit au contraire se confronter sur le même niveau entre les sujets mobilisés et avec les sujets extérieurs aux universités, à savoir les travailleurs, les migrants, et les autres groupes du Mouvement. Donc, il n’est pas question ici de demeurer entre travailleurs intellectuels, mais plutôt de transformer l'Université en un lieu de passage pour toutes les luttes progressistes les luttes ouvertes sur les métropoles et sur les territoires. Puisque l'Université n'est pas « des étudiants », elle est, ou devrait être, de tous, c'est-à-dire au service de la collectivité.

Il est donc nécessaire de dénoncer toutes les propositions de désengagement financier de l’Etat. Pensons au battage publicitaire en faveur du « prêt sur l'honneur », qui vise à faire acheter à l’étudiant son «paquet formatif». Sur le modèle angle-saxon, on propose «vivement» à l’étudiant de s'endetter pour qu’il puisse espérer de trouver un travail bien rémunéré avec le diplôme de fin d'études universitaires, à fin d’éteindre la dette contractée envers le bailleur de fonds (par exemple, une banque ou, pire, une entreprise à la quelle on se lie de façon fidèle). Ainsi, l’étudiant investit sur soi-même, et par ce moyen soit l’employeur soit le «bailleur de fonds» du prêt d'honneur le font chanter.

Un tel système (exactement comme celui des prêts «dopés») est en crise dans les mêmes pays où il est plus enraciné, et produit comme principales conséquences: l'exclusion sociale, la subordination de l’étudiant à des intérêts privés, son endoctrinement forcé, sa poussée à une compétition féroce avec les camarades etc.

Aussi les tentatives d'abolition de la valeur légale du titre d’étude, qui sont supportés – ce n’est pas par hasard – par des  grandes multinationales, vont en ce sens. En général, on peut reconnaître deux objectifs du capital. En premier lieu, celui de construire une université de masse déqualifiée d'une manière adéquate, c'est-à-dire un lieu de formation de travailleurs « bon marché », exposés à la précarité, forcés à des cycles de formation continue et payant (master, cours de spécialisation et cetera), qui peuvent constituer une «armée de chômeurs» désespérés et en compétition entre eux. Deuxièmement, celui de créer par contre très peu de lieux de formation hautement sélectifs où se forme la classe dirigeante solidaire aux exigences du capital lui-même. De ce point de vue, l'«émergence», «le gaspillage» et la «méritocratie» ne sont autre chose que des paravents idéologiques avec lesquels on cherche à promouvoir les réformes qui servent exactement à renforcer, et non pas à contrecarrer, l'arbitre népotiste et la déqualification de l'Université publique.

Pour cette raison, un autre point crucial pour le mouvement est celui de la transformation des universités en fondations de droit privé. Cette possibilité, en vérité un choix obligatoire pour un grand nombre d'universités,  aura pour conséquence, d’un coté, l'entrée des particuliers dans les départements qui deviendra de plus en plus fixe et, de l'autre coté, les licences et les masters qui ne répondent pas à des «critères de productivité» seront écourtés en limitant ainsi la liberté d'étude aussi bien que celle d'enseignement et de recherche. En général, la transformation des universités en fondations, qui est l'ultime effet de la privatisation (on ne grève plus avec des réformes des curriculum ou bien avec une vague collaboration avec des particuliers, mais en écourtant les fonds nettement, et en forçant donc les universités à introduire à l’intérieur les seules réalités capables d'affecter de la liquidité), ne fera rien d’autre qu'augmenter les nombreuses contradictions dans lesquelles l'Université italienne se trouve. Des contradictions qui sont articulées sur plusieurs niveaux : entre les logiques népotistes et celles de la politique des clientèles; entre les différentes coalitions; entre le personnel technicien et administratif et les directions académiques; entre les masses de plus en plus nombreuses d'étudiants exclus des niveaux les plus hauts de la formation et les mécanismes de plus en plus rigides de sélection, de répression et de contrôle; entre les attentes professionnelles des étudiants en train d’achever les études et leur déqualification croissante ; entre les capitaux mêmes, en compétition pour s'assurer des cours de diplôme universitaire favorables et des «prestations d’œuvre avantageuses»; entre Départements des Universités et Centres de recherche, les uns contre les autres – contre le bon sens et les pratiques de partage en usage jusqu’il y a quelques décennies dans la recherche publique – pour l'enregistrement des brevets ou pour acquérir le plus de financements possibles.

Dans ce cadre les stages et les apprentissages sont un autre aspect de la réorganisation de toute l’instruction, en fonction du marché: on considère fondamental pour la formation des étudiants à partir des lycées l’acquisition de connaissances par la pratique sur le lieu du travail. Une fois encore, on efface même le semblant d’une culture critique et détachée des logiques d’entreprise, il s’agit justement de la subordonner aux logiques d’entreprise: si, d’un côté, nous parlons de prestations de travail gratuit qui permettent, dans beaucoup de cas, de réduire les coûts pour le personnel des universités et des entreprises, n’embauchant pas du personnel pour les charges occupées par les stagiaires, de l’autre côté, le coût de la formation des sujets qui entrent (auparavant entièrement en charge aux particuliers) est déchargé sur la collectivité.

Les stages et les apprentissages se profilent, donc, comme un chantage ultérieur pour les travailleurs, dans une phase où, de jour en jour, augmente le nombre de chômeurs, des personnes au chômage partiel et des démissionnés et où s’aggravent les conditions de travail, mais aussi du personnel dans les écoles et les universités, à preuve : l’externalisation des services, des RU, des bibliothèques, qui sont confiés à des entreprises adjudicataires et sous-entrepreneurs qui n’appliquent aux travailleurs même pas les quelques protections traditionnelles et sur lesquelles la collectivité n’a plus aucun contrôle (d’où la hausse du coût des services et la baisse de la qualité).

Au problème de la transformation des savoirs en marchandises est étroitement lié la manière dans laquelle se configurent la didactique et ses temps dans nos salles: les notes, la leçon frontale, les rythmes soutenus des leçons sont des instruments qui ne permettent pas l’accès à un savoir, au savoir qui puisse former réellement des sujets critiques, mais ils contribuent à reproduire l’idéologie dominante dont l’Université se fait le héraut. C’est pour cette raison que l’on ne peut pas se reporter à la légère au Traité de Lisbonne ou à la Charte européenne de la Recherche: il s’agit de plans pour la construction d’une recherche fonctionnelle et subordonnée au développement capitaliste, certes non pas pour le développement d’un libre savoir.

Pour ce qui concerne ce point de vue, il est très important de souligner que pour ‘’recherche publique’’ on ne veut pas entendre d'une façon générique une recherche financée par l’État plutôt que par les particuliers, mais une recherche qui soit au bénéfice de la société. Une telle recherche implique un changement radical de notre société, de son organisation politique et sociale.

Aujourd’hui, lors même que les fonds sont publiques, la recherche a pris des chemins qui doivent être absolument contestés. Très lourdes sont en effet les responsabilités du monde universitaire à se prêter comme fournisseur de services pour l’industrie de guerre, en devenant un instrument utile au service des politiques impérialistes de guerre (pensons aux liens avec Israël). Et encore, aujourd’hui la didactique et la recherche visent au développement des produits pharmaceutiques, chimiques, informatiques qui seront ensuite brevetés par ces mêmes entreprises qui en tireront des profits. Dans le domaine des sciences humaines, ceci signifie développer des systèmes d’analyse et de contrôle, des techniques de promotion publicitaire, fonctionnels à l’intégration, à la spectacularisation, à la disciplination, même à la militarisation de vastes secteurs sociaux, conflictuels en puissance. Dans le domaine historique-littéraire les conditionnements des fonds nationaux et européens permettent une réécriture de l’histoire et de la culture à l’avantage des exigences actuelles de la classe dominante.

Au sujet du rôle des doctorants et des chercheurs dans la lutte, sujets mis en cause à titre personnel dans ce procès de restructuration de l’Université et de l’état social: il leur est ou devrait leur être naturel de se considérer alliés aux étudiants. Aussi bien que ceux-ci, ils sont sujets  d’une sélection de classe qui leur permet la possibilité de continuer les études et d’attendre longuement seulement en un petit nombre; en outre, ils souffrent de ces mécanismes de cooptation et de mandarinat qui limitent la liberté de la recherche, et, la recherche encore plus minée par l’entrée des intérêts particuliers, souffrent de la possibilité (non lointaine et déjà réalisée dans quelques facultés scientifiques) qu’on recherche seulement directement sur demande.

C’est pour l’ensemble de ces raisons qu’on ne peut pas parler d’un «rôle central du capital cognitif» ou de fonction de pointe de l’Université dans les luttes. Nous ne devons pas nous laisser tromper par ces formules démagogiques: il faut, d’un côté, reconnaître que le travail soi-disant manuel n’a eu ni le temps ni la possibilité de développer des théories sur son rôle central, au contraire, on l’a fait disparaître de l’information et du débat culturel, avec la complicité justement des méditations postfordistes; d’autre part, il faut reconnaître que ce travail a de plus en plus assimilé des fonctions intellectuelles (cfr. le problem solving dans les procès productifs, auquel les ouvriers participent tous les jours), tandis que le travail « cognitif » est souvent fondé sur de précises fonctions matérielles (cfr. les fonctions administratives développées par beaucoup de doctorants et chercheurs). Dans le respect des spécificités  et des conditions concrètes de vie, il faut donc remarquer que les différentes figures du travail sont introduites dans le même cycle productif: toutes les deux concourent à la valorisation des marchandises, toutes les deux sont exposées à des procès de précarisation, toutes les deux sont privées de contrats collectifs nationaux et de droits sociaux (tels que les droits à la maison, à la retraite etc.). Les réponses que le capital a donné à sa crise trentenaire ont essayé par tous les moyens de fragmenter la classe, en opposant artificiellement le travail «cognitif» au travail «manuel», en obscurcissant les limites, souvent peu définies, qui circonscrivent les deux domaines, cooptant le premier avec des privilèges de caste et lui fournissant un certain status. Pour cette raison, il faut relancer une large lutte unitaire parmi les nombreux qui endurent les conséquences de cette prolétarisation et décomposition de classe même si dans le monde de la recherche il y a des individus en attente d’ «introduction», ou qui pourront toujours trouver un emploi rémunéré dans les entreprises.

On est donc arrivé à une réflexion plus large sur la connexion qu’il faut instaurer entre les différents domaines du conflit social. La présence de représentants des mouvements territoriaux a été fondamentale pour faire la jonction avec les luttes contre la dévastation du milieu et la défiguration du territoire. Il ne s’agit pas d’un hasard si dans la même loi 133/08 sont contenues, en plus des coupures à l’Université, aussi les mesures de privatisation de l’eau et les financements pour l’énergie nucléaire. Le lien qui lie le démantèlement de l’instruction et de l’état social aux attaques à l’environnement et aux territoires est éclatant, surtout si l’on considère, encore une fois, le rôle que la recherche mène (pour volonté du publique ou du particulier) dans la dévastation et dans l’exploitation environnementale, et la fonction accomplie par les partis et les confédérations syndicales (en continuité avec les notoires mécanismes de clientélisme, et souvent même en collusion avec la mafia et la camorra) dans la poursuite des logiques de profit.

Vis-à-vis de la crise et des destructions qu’elle engendre, il est donc nécessaire de travailler sur les contradictions, en commençant à faire, à partir de nos Universités, un discours qui vise à construire un travail politique qui ne soit pas corporatiste ou fermé sur le domaine des étudiants mais qui ait le courage de se joindre aux luttes de tous les autres secteurs qui paient cette aménagement économique-social. L’objectif de tous les participants à l’assemblée est donc celui de travailler en perspective d’une confrontation continue entre travailleurs et étudiants (qui sont des travailleurs en formation, les travailleurs d’aujourd’hui et de demain). Une confrontation absolument libérée des pratiques de concertation que quelques syndicats et partis utilisent. Pour cette raison, on a estimé fondamental de proposer la construction d’assemblées avec d’autres réalités auto-organisées (non estudiantines) pour essayer de généraliser réellement les luttes et, avec le temps, à étendre de plus en plus les nœuds du conflit.

Par conséquent, en partant de nos spécificités locales, nous avons décidé de créer un réseau de réalités estudiantines qui ait une étendue nationale et qui regarde aussi aux protestations contre les mêmes réformes et attaques qui se développent à un niveau international. Nous voulons ainsi coordonner de façon efficace nos luttes et donner une issue politique aux analyses partagées, en nous équipant des instruments les plus convenables et efficaces. Parmi ceux-ci, nous avons publié un site internet qui fonctionne comme portail de connexion et comme moyen de communication politique, un point de repère pour ceux qui, tous les jour, luttent dans notre identique perspective. L’auto-organisation, dans ce sens, a été le sujet central et s’est révélée comme la caractéristique fondamentale pour construire une structure horizontale qui puisse motiver une pratique réellement conflictuelle et de classe.

Pour ouvrir dès maintenant et pour les prochaines années un long cycle de luttes sociales. Pour oser combattre, et oser vaincre!

Rome, 14 décembre 2008

RED-NET reseau des réalités estudiantines autorganisées

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