Gilets Jaunes !? Quelques prises de positions – Yellow Vests!? Some stances

| ENGLISH | ČEŠTINA |

Acte IV : On prend paris ! (vidéo)

Source : https://rouendanslarue.net/gilets-jaunes-acte-4-on-prends-paris-samedi-8-decembre-video/

 

Gilets Jaunes. Fin de première manche ?

Depuis l’acte III, moment de pic d’intensité du mouvement en termes de blocage et d’émeute, le gouvernement a déployé sa machine contre-insurrectionnelle comme jamais. Il lui a fallu ressortir du placard les vieux manuels sur l’art de faire la guerre à sa population tout comme ceux sur l’art de la tromper.

Si le pouvoir aura effectivement réussi à contenir l’acte V, cela n’aura pas été sans fragiliser peut-être définitivement sa façade « démocratique ». Il n’est pas sans conséquence, en matière de fidélité entre un peuple et ses gouvernants, de mentir ouvertement, de truquer des photos et des chiffres, d’interpeller et de blesser autant de manifestants ou de simplement les interdire massivement de manifester.

L’usage de la force

89 000 policiers déployés sur tout le territoire français deux week-ends de suite. 9 000 pour la seule ville de Paris. Rappelons-le, c’est la première fois de toute son histoire que la France utilise des blindés sur la capitale. Sur le seul acte IV, plus de 2 000 personnes ont été interpellées. Une grosse partie l’ont été préventivement pour simple détention de matériels défensifs tels que des masques anti-poussières. Des centaines de personnes ont été blessées. Ce sont des dizaines d’images qui resteront gravées, celles de policiers en civil, canardant sans répit des manifestants et journalistes retranchés derrière un murée, ou simplement celles des mains arrachées.

Nous ne pouvons nous empêcher de voir dans une telle violence la volonté politique assumée d’intimider les manifestants, de les effrayer, de les dissuader de descendre dans la rue. Pourtant, des milliers de personnes ont de nouveau convergé sur la capitale pour l’acte V. En plus de cette vaste opération de dissuasion largement relayée médiatiquement, 50 stations de métro étaient fermées, les accès à Paris intra-muros bouclés, interdisant littéralement à des milliers de personnes venues en bus le simple fait de manifester. Pour ceux qui auront réussi à outrepasser tous les obstacles de ce parcours du combattant, on leur confisqua même le gilet jaune.

La manipulation médiatique

L’allocution de Macron, bien que largement critiquée, n’aura pas été sans effet pacificateur. Sur tous les gros titres, nous pouvions lire « le SMIC augmenté de 100 euros », « des avancées majeures obtenues ». Il est laborieux de revenir point par point sur chacune de ces annonces, mais celle sur le SMIC est probablement la plus aberrante.

C’est bien la prime d’activité (et non le SMIC) qui a été augmentée de 100 euros (une grosse partie de cette augmentation était de toute façon déjà prévue) et celle-ci ne concerne que 25% des SMICards (ceux dont le foyer fiscal est inférieur à un certain quota et qui peuvent effectivement bénéficier de cette prime). D’autres entourloupes ont été sciemment diffusées par un certain nombre de grandes chaînes. Ce n’est qu’une question de temps pour que tous les bernés ne s’en offusquent, et qui sait comment.

Le triste événement survenu à Strasbourg la semaine passée a lui aussi fait l’objet d’une instrumentalisation indécente à l’encontre du mouvement. Outre les débats qui ont pu émaillé les groupes Facebook de Gilets Jaunes autour de la théorie du complot, le gouvernement s’est ressaisi de cette affaire non seulement pour renforcer la stigmatisation habituelle de la population musulmane, intensifier sa fuite en avant sécuritaire mais aussi faire peser sur les Gilets Jaunes la sur-sollicitation des forces de l’ordre qui a pu indirectement favorisé une telle attaque. C’est ainsi, qu’en plus d’avoir largement disséminé la peur chez les manifestants, on leur rajoutait la culpabilité d’une attaque meurtrière. Dès lors, on justifiait d’avance l’éventuelle violence et les cassages de gueule en règle par des policiers à bout sur ceux qui daignaient aller manifester.

Fin de la première manche ?

Bien qu’une fois encore les chiffres de la mobilisation de l’acte V furent largement sous-estimés, on peut affirmer que le mouvement a enregistré l’une de ses premières baisse d’intensité. L’approche de la période de Noël couplée aux techniques contre-insurrectionnelles explicitées précédemment impactent inévitablement la mobilisation. Les ronds-points tentent de résister aux menaces d’évacuation. C’est un phénomène d’asphyxie qui s’est abattu sur le mouvement Gilet Jaune dont la colère ne s’est absolument pas dissipée. Il est indéniable que cette dernière continuera de gronder souterrainement jusqu’à son prochain soubresaut (soirée du nouvel An ?). Au prochain faux-pas gouvernemental, il n’est pas incertain que l’expérience commune des Gilets Jaunes les portera cette fois jusqu’à la démission de Macron. Tout ce qui s’est vécu et continue de se vivre sur les ronds-points, les blocages ou les émeutes, a permis à tout un peuple de retrouver sa capacité politique, c’est à dire, sa capacité d’agir que même un RIC ne pourra pas contenir.

Source : https://rouendanslarue.net/gilets-jaunes-fin-de-premiere-manche/

 

Finies, dépassées, impossibles, les révolutions sociales, disiez-vous ?!!!

Qui sont les gilets jaunes se demandent hypocritement les gouvernants, les journalistes et les politiciens. Des patrons, des professions libérales, des petits bourgeois, disaient-ils ! Des ultragauches ou des extrême-droites, des aventuriers, des casseurs professionnels, des excités ?!!! Tentatives ridicules de discréditer les gilets jaunes : moyens pitoyables face à un mouvement de masse !!!!

Le principal slogan des gilets jaunes « Y’en a marre de la misère ! » nous le dit : ce sont ceux qui commencent à ne plus supporter de devoir vivre dans le dénuement…

C’est d’ores et déjà une insurrection des misérables, des opprimés, des exploités !

C’est la révolution sociale qui est « en marche » !!!

Toutes les forces coalisées de la répression, de la réforme, de la négociation, de la compromission, de l’opportunisme n’y ont rien pu : quand il le faut, les masses prolétariennes reprennent la direction de leur propre avenir en commençant par se réunir, se parler, décider, agir par elles-mêmes en se passant de tous les encadreurs politiques et sociaux que les classes possédantes s’étaient ingéniées à leur mettre partout pour les entraver.

Nous n’oublierons jamais, par exemple, que les dirigeants de tous les syndicats auront tout fait pour faire croire que les gilets jaunes étaient un mouvement fasciste, de petits bourgeois enragés et hostiles à la classe ouvrière !!! Si cela échoue, si ce mouvement est le plus important mouvement prolétarien depuis longtemps, ils auront tout fait pour l’empêcher, pour le casser dès son démarrage et tout au long !

Ce qui gêne les syndicats dans le mouvement des gilets jaunes, c’est l’auto-organisation et l’insurrection et on ne peut que le remarquer après une journée d’action commune samedi dernier, la CGT centrale restant hostile alors que les militants locaux sont souvent fondus dans le mouvement des gilets jaunes et que la CGT se garde de relier les grèves et le mouvement, et refuse de constituer des comités de travailleurs dans les entreprises. La CGT est absolument contre l’auto-organisation et l’insurrection. Cela doit être retenu pour la suite : ces organisations de gauche ou syndicales réformistes ne sont pas des amis de la révolution sociale qui monte…

Oui, c’est bel et bien le caractère insurrectionnel des gilets jaunes qui s’oppose au caractère pépère et sans lendemain des mouvements initiés par les appareils syndicaux depuis des années, par les intersyndicales comme par la seule CGT. Car les journées d’inaction syndicales étaient tout le contraire de ce mouvement : ni interprofessionnelles, ni auto-organisées, ni incontrôlables, ni menaçantes pour le pouvoir et pour les classes possédantes, ni radicales dans leurs objectifs et leurs perspectives, ni explosives et extensives, ni dangereuses en rien pour nos ennemis.

Jamais les appareils syndicaux n’ont voulu le contrôle de la lutte par ceux qui y participent. Jamais ils n’ont voulu que le pays entier soit bloqué, soit barricadé, soit en révolte. Jamais ils n’ont voulu que l’ensemble de la classe possédante, tous les profiteurs soient mis en cause. Jamais ils n’ont voulu globaliser les révoltes sociales, les unir en un seul mouvement et lancer celui-ci contre les possédants, contre les exploiteurs, contre les profiteurs !!! Jamais ils n’ont accepté la spontanéité de la lutte et reconnu la capacité des travailleurs, en dehors des états-majors syndicaux spécialistes en défaites ouvrières, de décider eux-mêmes, d’organiser eux-mêmes, de mener eux-mêmes les luttes sociales.

Et jamais ils n’ont permis que les luttes ouvrières, aussi importantes et suivies soient-elles, se fassent craindre des classes possédantes alors que les gilets jaunes sont aujourd’hui craints des classes possédantes et même au-delà des frontières ! Car leur exemple s’étend au-delà des frontières !!!

Dans le contenu social de la lutte, les Gilets Jaunes sont bien plus radicaux que ne l’ont jamais été les gauches réformistes, y compris les gauches de la gauche, les syndicats et les extrêmes gauches opportunistes. Mettre en cause les impôts, ces gens bien rangés ne l’ont jamais fait ! Mettre en cause les banques, non plus !

Macron a écarté d’un revers de main les revendications des Gilets pour plus de services sociaux et moins de taxes, qu’il a traitées d’enfantines et de déraisonnables : « On doit expliquer aux gens ce qu’il y a en face de leur impôt… Si personne ne le fait, tout le monde va croire que c’est normal que l’école soit gratuite ou que la collectivité paye quand on arrive en fin de vie. » En fait, les revendications de moins de taxes et de plus de services publics ne sont pas enfantines ; elles nécessitent l’expropriation de la classe dirigeante capitaliste…

Certes, Macron se sert se sert des violences […] dans les manifestations et blocages pour dénoncer le mouvement, le discréditer moralement. Mais la véritable violence n’est-elle pas celle des possédants et de leur gouvernement ? N’est-ce pas eux qui ont poussé des pères tranquilles, acculés à la misère, à se révolter ? N’est-ce pas eux qui ont poussé des mères de familles, y compris des mères célibataires, qui ne peuvent plus disposer du minimum pour les charges qu’ils assument, à se jeter dans la rue, quitte à risquer les coups de matraques et les gaz lacrymogènes et même les arrestations !

La violence, c’est celle des classes possédantes qui clament : il nous en faut toujours plus, plus de milliards de profits sur le dos de tous ceux qui vivent de leur travail !

Ce n’est pas un hasard si tout le monde commence à comparer la situation politique et sociale à celle de l’Ancien Régime, celle d’une classe possédante et de son pouvoir complètement discrédités au point que les masses opprimées et exploitées ne comptent plus que sur l’insurrection pour imposer le changement indispensable !

Dans tout le pays, la liaison est en train de se faire entre tous ceux qui sont exploités, opprimés, écrasés, poussés à bout. Et maintenant, la seule véritable perspective, c’est que la classe ouvrière s’organise en comités de travailleurs, s’assemble dans les entreprises, discute et décide de ses revendications et de son programme d’action. Là où cela commence à se faire, les réticences des syndicats sont vite bousculées…

Si Macron et ses mandats les exploiteurs ont fini par mettre le feu aux poudres par leurs exactions, concussions, détournements, vols et prévarications sans fin, on pourra dire que la révolution sociale est bien la seule chose qu’ils n’auront pas volée !!!

Au cours du mouvement des gilets jaunes, la bourgeoisie entraine ses forces de l’ordre à la répression des insurrections et y habitue la population… Mais elle est en train de mener aussi très surement les prolétaires à l’insurrection sociale !

On pourra bientôt retrouver le slogan des prolétaires parisiens de 1871 : « Vive la Commune ! »

Source : https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5171

 

Gilet ou gilet pas ? Il faut de l’essence pour tout cramer

Depuis une semaine maintenant, un mouvement contre la vie chère se dessine sur l’ensemble du territoire français, mais également dans d’autres pays d’Europe. Ce mouvement ne ressemble à rien qu’on ait connu auparavant. Si les premiers indices n’étaient pas des plus réjouissants, la réalisation de ce mouvement doit nous permettre de recalibrer notre position.

Dans un monde qui n’est plus que capitaliste, où l’identité ouvrière a été piétinée depuis longtemps, il est logique que les repères politiques du mouvement ouvrier n’aient pas la côte dans les explosions sociales de la période. Pourtant nous avons tous observé la force subversive des mouvements comme le LKP ou encore le récent embrasement guyanais contre la vie chère. Dans ce mouvement des gilets jaunes, il y a deux étapes que nous devons distinguer pour comprendre l’intérêt de cet évènement : l’apparition et la réalisation.

La plupart des camarades hostiles à la mobilisation des gilets jaunes le sont avant tout parce qu’ils ont choisi de ne pas faire la séparation entre ce qui est dit (discours de légitimité très médiatisé) et ce qui est fait (les pratiques que les différents blocages énoncent). Ce qui, du point de vue la période actuelle, est une erreur. On ne peut pas à la fois critiquer la sclérose des mouvements sociaux traditionnels et rejeter en bloc des espaces de contestation qui, bien que sans repères politiques, mettent en jeu la question de la vie chère, donc de la vie impossible des prolétaires. L’objectif de cette adresse est d’offrir un autre point de vue sur les évènements et de comprendre en quoi, si le mouvement prend le tour de la critique de la vie chère, la présence des partisans de la révolution y est logique.

Apparition

La pétition à l’origine de la mobilisation date de mai 2018. Elle n’a donc pas tout de suite fait le buzz. C’est à la suite d’une nouvelle hausse du prix du carburant que cette pétition prend une ampleur considérable et se transforme en point de départ d’une mobilisation réelle, dans les rues et sur les routes contre la hausse du prix du carburant. Il faut dire qu’en un an, le gazole a pris 24 % d’augmentation, et l’essence 14 %. C’est bien sûr les prolétaires qui sentent le plus clairement cette hausse et voient leur reste à vivre se réduire comme peau de chagrin. Face à la fatalité des fluctuations du cours du pétrole, la principale cible évoquée pour agir sur le prix du carburant a été l’État, lequel a la main sur les différentes taxes qu’il ajoute au prix de marché des carburants, en particulier le gazole. Une lutte contre une nouvelle taxe offre deux déterminants initiaux majeurs : on s’adresse à l’État et on s’y adresse de la façon la plus légitime possible aux yeux de cet État : le citoyen. C’est sur ce terrain que va se développer toute la logorrhée autour de la France, des Français, du Peuple, de Notre Police, des taxes de l’État, de ceux qui paient tout et qui n’ont le droit à rien, de ceux qui ont le droit à tout alors qu’ils ne font rien. C’est typiquement le terrain que les militants d’extrême droite peuvent investir parce qu’il leur permet d’afficher haut et fort leur volonté d’accéder au pouvoir politique, seule issue de leur logiciel. Au même titre que la France Insoumise. C’est d’ailleurs eux qui insistent sur la personne de Macron. Ils veulent tuer le Roi, mais pas les Rois. Nous ne pouvions donc qu’être méfiants d’un tel cocktail, mêlant poujadisme, nationalisme, populisme dans une vague d’expression virtuelle peu ragoûtante, et évidemment interclassiste à la Bonnet Rouge. D’autant que le traitement policier, gouvernemental et médiatique était d’une bienveillance à toute épreuve. Mais nous ne pouvions pas rejeter en bloc quelque chose qui n’avait ni finitude, ni unité. Il fallait attendre de voir. Nous devions prendre le prix de l’essence comme un thermomètre de l’étranglement quotidien des prolétaires, là où d’autres ne voyaient que la grossière démonstration de force des lobbys automobilistes. Déjà nous avions des indices qui pouvaient nous laisser penser que le mouvement des gilets jaunes ouvrait une brèche autour d’une complainte simple : ici on crève. De la dénonciation d’une taxe, on passait surtout aux causes de la dénonciation : la dégradation de nos conditions de vie. C’est à partir de toutes ces lacunes et ces grands absents que nous avons observé la journée du 17.

Réalisation : 17 novembre

Pour la journée du 17 novembre, des milliers de personnes ont quitté leur écran d’ordinateur pour se rencontrer. Aucun doute que de nombreux militants d’extrême droite y étaient, notamment Debout La France, mais en réalité, ils ne pouvaient avancer qu’à couvert parce que leur solution au prix de l’essence ne pouvait apparaître que comme tirée par les cheveux. Dans des bars, des parcs, des parkings de centres commerciaux, les « gilets jaunes » se sont vus pour le mouvement. Pas pour savoir quel était le discours à tenir. Mais pour savoir où et comment ils allaient bloquer. Ce mouvement d’auto-organisation de « citoyens » n’avait déjà pas les mêmes déterminants structurels que Nuit Debout. Nuit Debout parlait. Eux, ils font. Ils bloquent. Plus de 2000 points de blocage le 17, 280 000 personnes qui les tiennent, ce n’est pas rien contrairement à ce que certains racontent (sans appareils syndicaux et donc sans militants professionnels). On ne vous parle pas de défilés syndicaux, on parle d’action. Certes l’attitude de la police est pour beaucoup dans l’effectivité des blocages, et les gilets jaunes ne cesseront de l’acclamer jusqu’au moment où elle commencera à matraquer. Les points de blocage ont été soigneusement choisis pour paralyser les déplacements, pour obliger la population à prendre parti. Sur les points de blocage, péages ou centre commerciaux, des formes d’assemblée permanente permettaient de décider heure après heure des pratiques à mettre en place pour tenir le mouvement. Aucun porte-parole ne se détache du mouvement, aucune centralisation ne semble prendre. C’est ici que le gouvernement et les médias vont faire un revirement assez spectaculaire du traitement des gilets jaunes. La bienveillance est abandonnée au profit d’une menace. Les actes des fachos sur les blocages sont montés en épingle. On montre également les « débordements » aux différents points de blocage et on y oppose une nécessaire responsabilité des gilets jaunes. Mais contrairement à la direction de la CGT, aucune direction n’est là pour dire « Monsieur Philippe, ceci n’est pas le mouvement Gilet Jaune ». Par contre, si on va glaner çà et là des discours sur les points de blocage, on retrouve systématiquement un discours plus conséquent que la seule critique du prix de l’essence. Tout est trop cher quand on gagne 1000 euros par mois. C’est l’expression d’un prolétariat qui n’est plus légitime et dont la reproduction est problématique. Il n’y a pas UN mouvement des gilets jaunes, il y a des disparités concrètes en fonction des territoires, de la présence de militants d’extrême droite ou encore de la composition sociale lors des blocages. Mais la détermination est incontestable. Pour gagner en puissance, ils attendaient les « routiers », les « agriculteurs », en gros des corporations reconnues légitimes par le gouvernement, comme à l’époque des Bonnets Rouges. On cherche la puissance là où on pense qu’elle est mais tout en appelant tout le monde à rejoindre les blocages.

Réalisation : les suites du 17 novembre

Les points de blocage se maintiennent aux abords des autoroutes mais une partie des gilets jaunes fait le choix d’aller asphyxier le pays sur des points plus concentrés. Ainsi, les dépôts pétroliers, les centres logistiques, les centrales d’achat sont bloquées par les manifestants. Avec une efficacité redoutable quand on pense à nos échecs de la loi Travail. Si la police a comme consigne de temporiser le dimanche et le lundi, l’annonce des patrons des transports change la donne concernant les perspectives de puissance. Ils promettent au gouvernement de ne pas intervenir dans le mouvement des Gilets Jaunes. « On veut les routiers, pas leur patron ». Le mouvement, au fur et à mesure des impossibilités, des refus d’alliance de classe, se précise comme mouvement prolétarien. On cherche alors les moyens de permettre aux routiers de rejoindre le mouvement avec les camions du patron en les bloquant d’un commun accord. FO Transport appelle à la grève contre la baisse du pouvoir d’achat. Dans la foulée, on apprend l’appel de la CGT pour le 1er Décembre, toujours dans une volonté de centraliser la contestation, mais sans appel à la grève et en gardant ses distances au cas où (mais certaines section locales franchissent déjà le pas : st nazaire, le havre, meuse). Les appels pour rejoindre Paris le 24 novembre se multiplient et le gouvernement panique en rapatriant 90 % des unités CRS dans la capitale. Et pendant ce temps-là, les blocages tiennent. La police y intervient, arrête, matraque. La justice condamne. Et les gens y retournent. Le gouvernement invite à la dissociation, produit les figures repoussoirs comme dans n’importe quel mouvement social, mais ça ne prend pas. Comme le montre le porte-parole autoproclamé des gilets jaunes belges qui appelle des « combattants de la liberté pour nous défendre » ce que le journaliste appelle des casseurs. Ou encore à La Réunion, avant-garde de la vie chère, où le blocage s’accompagne de pillage et de redistribution à un niveau parfaitement grandiose. Et l’annonce du gel des taxes sur le carburant pour trois ans qui fait l’effet d’un ballon de baudruche.

Une brèche est ouverte

Nous sommes incontestablement dans un moment de lutte des classes. Nous voyons déjà les résorptions se pointer ici et là : la centralisation de la manifestation parisienne, les appels à viser les centres locaux du pouvoir, d’aller à l’Élysée, de bloquer les bâtiments d’État. On cherche à maintenir coûte que coûte la figure du citoyen face à l’État parce qu’il n’y a que comme ça qu’on pense paraître légitime. C’est un aveu d’échec là où les potentialités sont nombreuses. Le moment qui s’ouvre verra apparaître des formes politiques contre-révolutionnaires, des compositions interclassistes manifestes, des incursions d’extrême droite. Mais c’est très certainement le lot de notre époque et il ne rime à rien d’en faire le contempler en râlant. En tant que partisans de la révolution, nous devons les combattre et proposer des lignes de suite pour l’extension du mouvement. Faire de ce mouvement un mouvement contre la vie chère. Il ne s’agit pas d’appeler simplement à rejoindre les piquets de blocage. Il faut étendre la contestation sociale sur d’autres espaces de la vie quotidienne, avec des slogans politiques contre la vie chère, contre la vie de prolétaire. Aller chercher les lycéens, les étudiants, les chômeurs, les travailleurs mais pas pour leurs intérêts particuliers immédiats. Pour l’extension du mouvement contre la vie chère, pas pour le gilet jaune. Les pratiques de lutte sont nombreuses et on aurait tort de ne pas se permettre de les convoquer. Occupation, auto-réduction, manifestations, blocages, gratuité et toujours plus vers le dernier saut. La semaine qui suit le 24 novembre sera déterminante pour la poursuite et la qualité du mouvement.

Alors, gilet ou gilet pas ?

Source : https://www.19h17.info/2018/11/23/gilet-ou-gilet-pas-il-faut-de-lessence-pour-tout-cramer/

 

Gilets jaunes”… “Communards”… “Sans-culottes”… “Va-nu-pieds”… “Damnés de la terre”…

Derrière des appellations fleuries émergent nos luttes contre la misère !

Barricades en feu sur les Champs Elysées, voitures de luxe incendiées, boutiques de luxe saccagées et pillées, « la plus belle avenue du monde » a brûlé de notre désir de vivre et de ne plus survivre. « La Ville Lumière » était beaucoup plus éclairée que ses maîtres ne l’avaient jamais voulu. Et les feux de la révolte brûlent depuis trois semaines aussi dans d’autres endroits – en France et aussi en Belgique – réchauffant nos cœurs et nos esprits.

N’avons-nous pas trouvé là un remède contre l’épuisement professionnel !? Contre le blues de l’automne !? Contre ce sentiment que nos vies se perdent au travail pour un salaire minable ou à l’école pour devenir un autre chômeur !? Que nous ne vivrons jamais rien d’autre que cette misère d’une vie sous la dictature de l’argent !?

Voici les points les plus importants qui ont suscité notre espoir que tout ceci n’est pas une fatalité, qu’un changement radical de la société est possible :

  • Le mouvement s’est développé en dehors et dans une certaine mesure aussi contre les structures traditionnelles (partis, syndicats, médias…) dont le capitalisme s’est doté afin de rendre inoffensive toute critique pratique.

  • Jusqu’à présent, il n’y a pas eu de revendications « positives », pas d’interlocuteurs, pas de porte-paroles, pas de négociateurs, ou ils ne représentaient qu’une infime minorité (et parfois pas très appréciée, voire même menacée par les plus radicaux !) du mouvement. Même si les média tentent d’enfermer les manifestants dans le cadre de la « lutte contre les impôts », la consigne universelle est plutôt « lutte contre la pauvreté en général » dans toute sa complexité (bas salaires, prix élevés, perdre sa vie à la gagner, aliénation…) et donc, en définitive, elle remet en question l’ordre capitaliste en tant que tel.

  • Le mouvement est organisé au niveau régional et dépasse les divisions habituelles des syndicalistes selon les branches de production. Ce sont les voisins, les amis ou les collègues qui se rencontrent sur les blocages ou les barricades et ce qu’ils ont en commun ce n’est pas un intérêt particulier de telle ou telle branche professionnelle mais un ras le bol général de la misère de nos vies qui est implicitement partagé par toute la classe ouvrière.

Il existe bien sûr des tentatives de restructuration du mouvement pour qu’il s’inscrive dans le cadre des structures capitalistes – des appels à formuler des « revendications claires et positives », à discuter avec les autorités, à rester raisonnable… Mais jusqu’à présent, ils n’ont pas eu beaucoup de succès. Au contraire, le mouvement n’a pas peur de montrer aux soi-disant modérés qu’il n’en est pas question, qu’ils n’abandonneront pas leur radicalisme et qu’ils ne laisseront pas faire ceux qui veulent diviser le mouvement sur cet axe afin de le détruire.

  • Le mouvement, ou une grande partie, est radical et donc violent et il l’assume. Ce n’est pas seulement que les « gilets jaunes » n’ont pas peur de la confrontation avec la police, beaucoup n’ont pas peur de casser, d’incendier, d’éradiquer ; ils n’ont aucun respect pour la propriété privée, ils pillent… Mais plus important encore, ils le revendiquent aussi – certains implicitement, d’autres ouvertement, ce qui rend difficile l’utilisation des tactiques habituelles de la bourgeoisie pour diviser le mouvement en « bons manifestants » et « mauvais casseurs ». Tout le monde n’a pas envie de participer aux émeutes, mais beaucoup considèrent l’émeute comme une expression légitime du mouvement.

  • Non seulement le mouvement n’arrête pas d’appeler le reste de la classe ouvrière à le rejoindre et il essaie de s’étendre et de se généraliser (la contestation se développe dans le secteur « lycéen ») ; mais de plus en plus d’appels à la fraternisation avec les forces répressives apparaissent également. Il y a des gens qui répondent aux CRS, se plaignant de la pénibilité de leur travail, qu’ils peuvent simplement baisser les armes et rejoindre les manifestants. Il y a ceux qui les invitent à réfléchir à qui est leur véritable ennemi. Et il y en a d’autres qui appellent les soldats à désobéir à leurs maîtres dans le cas où ils seraient déployés contre le mouvement.

  • Rien n’est sacré pour le mouvement, pas de symboles, pas de légendes, pas d’identité, pas d’idéologie qui ne puissent être brûlés, détruits, éradiqués. Le meilleur exemple du week-end dernier – l’Arc de Triomphe, le symbole de leur république bourgeoise et de sa toute-puissance guerrière, a été tagué, son musée saccagé et des prolétaires dansaient de joie sur son toit.

Tels sont les points à développer et à surmonter dans la lutte qui continue. Luttons ensemble pour éviter toute récupération du mouvement par les partis politiques ou les syndicats, luttons ensemble contre le cadre des élections, des réformes et des revendications que certains voudraient nous imposer.

Allons jusqu’aux conséquences finales de notre critique !
Organisons-nous, discutons, nourrissons ensemble le feu de la révolte !
Nous sommes impatients de voir, de vivre la suite…

nosotros.proletarios

| ENGLISH |

Yellow vests. End of the first round?

Since Act III, the moment of the movement’s peak intensity in terms of blockade and riot, the government has deployed its counter-insurgency machinery as never before. It had to bring out the old manuals on the art of waging war on its people as well as those on the art of deceiving them.

If the government has indeed succeeded to contain Act V, this didn’t happen without weakening (maybe once for all) its “democratic” facade. It is not without repercussions, in terms of loyalty between the people and their rulers, to lie openly, to fake photos and figures, to arrest and wound so many demonstrators or simply to ban them massively from demonstrating.

The use of force

89,000 police officers deployed throughout France two weekends in a row. 9,000 for the city of Paris alone. It should be recalled, this is the first time in its history that France has used armoured vehicles in the capital. In Act IV alone, more than 2,000 people were arrested. A large part of them was arrested preventively for a simple possession of defensive materials such as dust masks. Hundreds of people were injured. Dozens of images will remain engraved, those of plainclothes police officers shooting without respite all over the place at demonstrators and journalists hiding behind a wall, or simply those of torn-off hands.

We cannot help ourselves to see in such violence the assumed political will to intimidate demonstrators, to frighten them, to dissuade them from taking to the streets. However, thousands of people converged on the capital again for Act V. In addition to this vast dissuasion operation, which was widely reported by the media, 50 metro stations were closed, with access to Paris being closed within the walls, literally forbidding thousands of people who came by bus from to simply demonstrate. Those who managed to overcome all barriers of this obstacle course were even confiscated the yellow vests.

Media manipulation

Macron’s speech, although widely criticized, was not without a pacifying effect. On all the headlines, we could read “the SMIC increased by 100 euros”, “major progress achieved”. It is difficult to go back point by point over each of these announcements, but the one over the SMIC is probably the most absurd.

It is indeed the “employment bonus” (and not the SMIC) which has been increased by 100 euros (a large part of this increase was already planned anyway) and it concerns only 25% of the SMICards [minimum-wage earners] (those whose tax household is below a certain quota and who can actually benefit from this bonus). Other tricks were knowingly broadcasted by a number of major channels. It is only a matter of time before all the deceived get upset about, and who knows how.

The sad event that took place in Strasbourg last week was also the subject of indecent manipulation against the movement. In addition to the debates that may have marked the Facebook groups of Yellow Vests around the conspiracy theory, the government has recovered from this affair not only in order to reinforce the usual stigmatization of the Muslim population, to intensify its law-and-order headlong rush but also to place on the Yellow Vests the over-solicitation of the police which may have indirectly favoured such an attack. Thus, in addition to widely spread fear among the demonstrators, they added the guilt of a murderous attack. From then on, they justified in advance the possible violence and all-out beatings by exhausted police officers on those who did to go to protest.

End of the first round?

Although once again the figures for the mobilization of Act V were largely underestimated, it can be said that the movement recorded one of its first decrease in intensity. The approach of the Christmas period coupled with the counter-insurgency techniques we have explained here above inevitably impact the mobilization. The roundabouts try to resist the evacuation threats. It is a phenomenon of asphyxia that has fallen on the Yellow Vest movement whose anger has not dissipated at all. It is undeniable that the latter will continue to rumble underground until its next start (New Year’s Eve?). At the next government misstep, it is not uncertain that the common experience of the Yellow Vests will bring them this time until Macron’s resignation. Everything that has been experienced and continues to be experienced at roundabouts, blockades or riots has enabled a whole people to regain their political capacity, that is, their ability to act that even a RIC [“Référendum d’initiative citoyenne”] cannot contain.

Source in French: https://rouendanslarue.net/gilets-jaunes-fin-de-premiere-manche/

 

You were saying? Social revolutions are over, anachronistic, impossible?!!!

Who are the yellow vests, the government, journalists and politicians wonder hypocritically. Bosses, professionals, petty bourgeois, they said! Ultra-left or far-right, adventurers, professional rioters, troublemakers?!!! Ridiculous attempts to discredit the yellow vests: pathetic means against a mass movement!!!!

The main slogan of the yellow vests: “We’re fed up with poverty!” is clear: they are those who are starting to no longer bear having to live in deprivation…

It is already an insurrection of the miserable, the oppressed, the exploited!

What is “en marche” is the social revolution!!!

There was nothing that the united forces of repression, of reform, of negotiation, of base compromises and of opportunism could do: when necessary, the proletarian masses take back control of their own future, starting with gathering, talking to each other, deciding to act by themselves, without the political and social supervisors that the ruling classes had strived to put in their way.

We will never forget, for instance, that the heads of all the unions have done everything they could to make people believe that the yellow vests was a fascist movement, of enraged petit bourgeois, hostile to the working class!!! While this is failing, while this movement is the largest proletarian movement for a long time, they will have done their best to prevent it, to break it from the onset and throughout!

What bothers the unions in the yellow vests movement is the self-organising and the insurrection, and it is unmistakable after a common day of action like last Saturday, where the CGT central bureaucracy remained hostile, while local unionists often joined the yellow vests movement, and where the CGT refuses to link the strikes and the movement, or to instigate workers committees in companies. The CGT is absolutely opposed to self-organising and to insurrection. This must be remembered for what comes next: those reformist leftist or unionist organisations are not friends of the growing social revolution…

Yes, the insurrectional quality of the yellow vests is really departs from the mundane and short-lived movements initiated by the union bureaucracies for years, both multi-union- and solely CGT-led. Indeed, the unionist days of inaction were the exact opposite of this movement: neither inter-professional nor self-organised nor uncontrollable nor threatening to the power and the ruling classes, nor radical in their goals and their perspectives, nor explosive and extensive, nor dangerous in any way for our enemies.

The union bureaucracies have never wanted struggles to be controlled by its participants. They have never wanted for the whole country to be blocked, barricaded, in revolt. They have never wanted for the whole ruling class, all the profiteers to be called out. They have never wanted to make social revolts global, unite them in a single movement and throw it against the rich, the exploiters, the profiteers!!! They have never accepted the struggle’s spontaneity or acknowledged the capacity of workers to decide for themselves, to organise themselves and to lead their own social fights outside the union headquarters, specialists in worker defeats.

And they have never allowed for worker struggles, however large, to be feared by the ruling classes, whereas the yellow vests today are feared by the ruling classes even outside French borders! Because their example is spreading beyond borders!!!

In the struggle’s social content, the yellow vests are much more radical than the reformist lefts ever were, including the left’s left, the unions and the opportunistic far-left. Those respectable people had never called out taxes! Or banks either!

Macron outright dismissed the demands of the Gilets for more social services and less taxes, which he called childish and unreasonable: “We need to explain to people what their taxes are used for… If no one does it, everyone will believe that school being free or society paying for end of life care is normal.” In actual fact, the demands for less taxes and more public services are not childish; they require expropriating the capitalist ruling class…

Macron is certainly using the violent parts of these protests and blockades to denounce the movement and morally undermine it. But isn’t the true violence the one exerted by the rich and their government? Didn’t they drive peaceful fathers, pushed into poverty, to revolt? Didn’t they drive mothers, including single mothers, who can no longer afford the minimum expenses for their obligations, to take the streets, and to risk being beaten with sticks, gazed and even arrested!

Violence is the ruling classes proclaiming: we always need more, more billions in profit on the back of all those who work to survive!

It is no coincidence if everyone is starting to compare the political and social situation to the Ancient Regime, with a ruling class and its power so discredited that the oppressed and exploited masses only count on insurrection to impose the necessary change!

Throughout the country, connections are being created between all the exploited, oppressed, crushed, pushed over the edge. And now, the only real perspective is that the working class organises itself in workers committees, gathers in the companies, debates and decides on its demands and its program of action. Where this is beginning to happen, the unions’ reluctance is quickly challenged…

If Macron and his mandates, the exploiters, ended up sparking things off with their endless abuses, corruption, embezzlements, thefts and malpractice, the social revolution will be the one thing that they will have legitimately earned!!!

During the yellow vests movement, the bourgeoisie leads its repressive forces to suppress insurrections and accustoms the population to it… But it is also surely leading the workers to social insurrection!

We will soon rediscover the Parisian proletarian slogan from 1871: “Long live the Commune!”

Translated from: https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5171

Source: https://proudlynegative.wordpress.com/2018/12/02/you-were-saying-social-revolutions-are-over-anachronistic-impossible/

 

Yellow Vest or not? We need fuel to burn it all down

It’s been a week now that a movement against the unbearable living costs is shaping up nationwide in France, but also in several other European countries. This movement doesn’t look like anything we have encountered before. If the first observations were not uplifting, the materialization of the movement should allow us to reevaluate our position towards it.

In a world trapped under capitalism, in which the working class identity has been repressed for so long, it is logical that the traditional political landmarks of the working class movement are not represented anymore in the social uprisings of our period. Still, we all observed the subversive force of movements such as the LKP (Liyannaj Kont Pwofitasyon or Stand up against exploitation) in Guadeloupe or the recent Guyanese turmoil against the living costs. In this yellow vest movement, there are two very distinct steps: appearance and materialization.

The majority of the comrades hostile to the yellow vest movement are in such a position because they chose not to make the distinction between what is said (the much mediatized legitimacy discourse) and what is done (the blockages and the kind of actions they announce). This is, especially nowadays, a mistake. We cannot criticize the apathy of the traditional social movements and at the same time reject the new contestation spaces that, despite lacking clear political landmarks, are tackling the unbearable living costs of the proletarians. The objective of this article is to offer an alternative point of view concerning these events and to show why, if the movement orients itself towards the issue of the living costs, the presence of the leftist revolutionaries in this movement is logical.

Appearance

The petition that led to the mobilization was written in May 2018. The petition didn’t went viral until the new increase in fuel prices. After that, the petition took a massive proportion and became the starting point of a concrete mobilization, in the streets and on the roads, against the increase in fuel prices. It is true that in a year, diesel oil prices rose up by 24% and gas prices by 14%. Of all French citizens, it is the proletarians that felt the most this increase in prices and saw their living standard lower. Confronted to the fatality of the fluctuating fuel market, the people quickly turned to the state that can use its taxes as a lever on prices, to try and reduce the fuel prices, specifically diesel oil prices. A fight against a new tax offers two major initial determinants: we address the state and we address the state in the most legitimate form possible for said state: the citizen. That’s where all this logorrhea about France, the French people, the French citizens, the police, the taxes, the state, those who pay everything and get nothing, those who get everything when they do nothing, comes from. This is typically a situation that far-right activists will try to use to claim political power, only possible outcome of their program. This is also the case of the France Insoumise party led by Mélenchon. The France Insoumise militants are the ones insisting on the person of Macron. They want to kill the King, but not the Kings. So we couldn’t be anything else than suspicious in front of such an explosive cocktail mixing borderline fascism, nationalism, populism and of course interclassism, in the not very appealing form of virtual actions on social networks. This feeling was reinforced by the benevolent treatment given by the government, the state and the medias to the movement. On the other hand, we cannot reject everything about something that has no finitude, no unity. We had to wait. Where others saw a vulgar power display of car lobbies, we analyzed fuel prices as a measure of the daily struggle of the proletarians. We already had hints that the yellow vest movement was opening a breach around a simple complaint: we are dying here. From the denunciation of the tax, we moved to the causes of the denunciation: the lowering of our living conditions. That’s when the 17th of November occurred.

Materialization: November 17

This day, thousands of people left their computer keyboards to meet up. There is no doubt that numerous far-right militants were there, notably Debout La France, but in reality most were undercover, as their solutions to the increase of the fuel prices could only appear as far-fetched. In pubs, parks, parking lots of mall, yellow vests started to gather. Not to discuss their program, but to discuss how they were going to block the roads. This self-organized “citizen” movement was already structurally different than Nuit Debout. At Nuit Debout, people were discussing. The yellow vests, they act. They block. More than 2,000 blockages, 280,000 people holding them, that’s something, despite what some commenters would tell you (all of that without the union apparatus nor the help of professional militants). We are not talking about a syndicalist march, we are talking about actions. Of course the benevolence of the police greatly improved the efficiency of the blockages, and the yellow vests only stopped to applaud the police when it started beating them. Blockage locations were meticulously chosen to paralyze traffic, to force the population to pick a side. On blockage locations, tolls stations and malls, permanent assemblies were set up to decide what actions to put in practice next to maintain the movement. No spokesman appeared, no centralization shaped up. At this point, the government and the medias abruptly changed their attitude. Benevolence was abandoned and replaced by threats. Fascist actions became heavily mediatized. Countless images of “unrest” at different blockage points were exposed and a necessary responsibility was asked of the yellow vests. But unlike at the direction board of the union CGT (Confédération Général du Travail), nobody is there to say “Mister Philippe (the prime minister), this is not the yellow vest movement”. If we go on the blockage points, we systematically heard a critique going much deeper than just the fuel prices. Everything is too expensive when you earn 1,000 euros per month. The yellow vest movement is not uniform, there are a lot of concrete disparities due to different areas, presence of far-right activists and social composition. But the determination is indisputable. To increase their strength and numbers, they waited for the truckers and the farmers, corporations deemed legitimate by the government, to join them. People were looking for support where they believe it to be, all the while calling for everyone to join the blockages.

Materialization: the follow-up

Blockages were maintained around the highways but a fraction of the yellow vests chose to throttle the economy on more concentrated points. Oil depots, logistical centers, food depots were blocked by protesters. And with a formidable efficiency compared to the repeated failures of the protests against the first anti-social policies of Macron. The police was ordered to temporize the situation the following Sunday and Monday, but the truckers bosses’ announce changed the perspective of the movement. The bosses promised to the government that they will not get involved in the yellow vest movement. “We want the truckers, not theirs bosses”. The movement, confronted to the rejection of the interclassist alliance, leaned more and more towards a proletariat-based movement. The yellow vests looked for ways to allow the truckers to join the movement, with the bosses’ trucks, by blocking the trucks on a common agreement. The FO (Force Ouvrière) transport union called for a strike against the decreasing purchasing power. At the same time, the CGT called for supporting the movement on the 1st of December, but without calling for a strike and the union carefully kept its distance from the movement (nevertheless, some local CGT sections fully embraced the movement: St Nazaire, Le Havre, Meuse). Calls to gather at Paris the 24th of November were multiplying and the panicking government hastily rounded up 90% of the CRS units (riot police) in the capital. In the meantime, the blockages were still holding strong. Policemen intervened, arrested, harassed. Convictions were applied. And people kept coming back. The government tried to divide the people by creating deterrent representations of the movement, but it didn’t hold up. A self-proclaimed Belgian yellow vest spokesman even called “freedom fighters” the very persons that a journalist described as thugs. On the Réunion Island, where the living costs are the highest, the blockages were followed by looting and large-scale redistribution. And the announce of the government that no more fuel taxes would be set up for the next three years has little impact of the mobilization.

A breach is opened

We are undoubtedly at a high time of the class struggle. But we can already see the signs of resorption here and there: centralization of the Parisian protest, calls to target local power centers, march on the Elysée, blockages of state buildings. The movement tries to maintain at all cost the figure of the citizen against the state because that’s the only form deemed legitimate. It’s a step back for a movement so full of potential. The following period will most likely see the appearance of counter-revolutionary political forms, interclassist compositions and far-right incursion. But it is certainly the burden of our time and it doesn’t make any sense to contemplate it whining. As supporters of the revolution, our duty is to fight these right-wing divergences and propose new orientation lines to expand the movement. Make this movement a movement against the too high living costs. But it doesn’t consists in simply joining the blockage picket lines. The social protest must be spread to other areas of daily life, with political slogans against the living costs, the degrading living conditions of the proletariat. Seeking high school and university students, unemployed, workers but not for their immediate individual interests. To extend the movement to fight the increasing living costs, not just as “yellow vest”. The panel of possible actions is large and it would be wrong to limit ourselves. Occupation, autoreduction, demonstrations, blockages, free transportations, and always towards the final push. The week following November 24th will be decisive for the pursuit and the quality of the movement.

So, yellow vest or not?

Source: https://www.19h17.info/2018/11/23/yellow-vest-or-not-we-need-fuel-to-burn-it-all-down/

 

Gilets jaunes”… “Communards”… “Sans-culottes”… “Va-nu-pieds”… “Wrecked of the earth”…

Behind flowery labels stand our struggles against misery!

Barricades in fire on the Champs Elysées, luxury cars of set ablaze, luxury shops wrecked and looted, “the most beautiful avenue of the world” was burning from our desire to live and not survive anymore. “The City of Light” was much lighter than its masters ever wanted. And the fires of revolt have been burning since three weeks also in other places – in France and also in Belgium – warming up our hearts and minds.

Haven’t we just found a cure for the burn out at work? For the autumn blues? For this feeling that our lives are fading out wasted at work for a lousy pay or at school to become another unemployed? That we will never live anything else than this misery of life under the dictatorship of money?

These are the most important points that aroused our hope that all this is not a fatality, that a radical change of the society is possible:

  • The movement has developed outside and in some sort also against traditional structures (parties, trade unions, media…) that capitalism equipped itself with in order to make any practical critique inoffensive.

  • So far there were no “positive” demands, no speakers, no spokespersons, no negotiators, or they represented only a tiny (and sometimes not very appreciated, or even threatened by the most radicals) minority of the movement. Even if the media try to enclose the demonstrators in the framework of “struggle against taxes”, the universal motto is rather “fight against the poverty in general” in all its complexity (low wages, high prices, wasting our lives at work, alienation…) and therefore, in final consequences, it puts into question the capitalist order as such.

  • The movement is organized regionally and it is overcoming the usual trade-unionists’ divisions according to production branches. It’s neighbors, friends or colleagues that meet each other on the blockades or barricades and what they have in common is not a particular interest of this or that professional branch but a general fed up with the misery of our lives that is implicitly shared by all the working class.

Attempts to restructure the movement so that it fits into the framework of capitalist structures of course exist – callings for making “clear and positive demands”, discussing with authorities, staying reasonable… But so far they didn’t have a lot of success. On the contrary the movement is not afraid to show to the so called moderates that this is no way, that they won’t give up their radicalism and that they will not let do those who want to divide the movement on this axe in order to destroy it.

  • The movement, or its big part, is radical and therefore violent and it assumes it. It is not only that the “Gilets Jaunes” are not afraid of confrontation with police, many are not afraid to break, to burn, to root out; they have no respect for private property, they loot… But more important, they also claim it – some implicitly others openly, what makes the usual tactics of the bourgeoisie to divide the movement in “good demonstrators” and “bad vandals” difficult to use. Not everybody feels like to participate to the riots, but many consider the riot as a legitimate expression of the movement.

  • Not only that the movement doesn’t stop to appeal the rest of the working class to join it and it is trying to spread and generalize (the protests develop in the “lycéen” sector). More and more callings for fraternization with repressive forces appear as well. There are people who reply to the CRS (antiriot police) complaining about their hard work that they can simply put down their guns and join the demonstrators. There are those who invite them to think about who is their real enemy. And there are others who call the soldiers to disobey to their masters in a case they would be deployed against the movement.

  • Nothing is sacred for the movement, no symbols, no legends, no identity, no ideology that could not be burnt down, destroyed, rooted out. The best example from last weekend – the Arc de Triumph, the symbol of their bourgeois republic and its warlike omnipotence, was tagged, its museum ransacked and proletarians were dancing of joy on its roof.

These are the points to be developed and overcome in the continuing struggle. Let’s struggle together to avoid any recuperation of the movement by political parties or trade unions, let’s fight together against the frameworks of elections, reforms and demands that some would like to impose on us.

Let’s go until the final consequences of our critique!
Let’s organize, let’s discuss, and let’s feed together the fire of the revolt!
We are impatient to see, to live the next…

nosotros.proletarios

This entry was posted in Blog - english, Blog - french, Class struggle in the world, Dans le Monde Une Classe En Lutte, English, Français, Internationalism, Internationalisme and tagged , . Bookmark the permalink.

Comments are closed.