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« Egypte : L’autogestion de Port-Saïd et les luttes ouvrières »

portsaiddemonstrationsLe texte « Egypte : L’autogestion de Port-Saïd et les luttes ouvrières » a été originellement publié sur InfoAut et on peut en trouver une traduction française sur le site de l’OCL. Nous en avons retiré diverses informations pour écrire notre propre contribution à la lutte prolétarienne en Egypte. Nous l’avons également traduit en tchèque et nous venons de publier le texte en entier sur notre blog. Il décrit le processus vivant et contradictoire du changement de l’existence et donc aussi de la conscience des prolétaires en lutte à Port-Saïd, une agglomération de 600.000 habitants dans le nord de l’Égypte, à l’entrée du Canal de Suez.

Comme ce texte décrit le mouvement réel, il touche aussi nécessairement pas mal de ses faiblesses. Il serait néanmoins trop facile de rester coincé à ce que le texte décrit comme « l’autogestion » et la « police populaire » et de dénoncer le mouvement comme étant une lutte pour « l’État ouvrier » ou la « démocratie réelle ». Comme nous le soulignons souvent dans nos textes, la question n’est pas le nom d’une structure (et encore moins quel nom l’auteur du texte lui donne), mais bien son contenu ainsi que l’activité développée, le tout dans le cadre qui saisit la lutte de classe comme un processus, comme une série de ruptures avec l’État capitaliste.

Par conséquent nous ne nions pas que la situation et le mouvement lui-même (à Port-Saïd ainsi que partout ailleurs) est porteur d’un tas de contradictions, de tendances contradictoires, et donc aussi de faiblesses. Mais contrairement aux idéalistes qui collent des étiquettes sur les luttes qui ne correspondent pas selon eux à une qualité rêvée absolument révolutionnaire, et qui les désignent au mieux comme « des luttes à l’intérieur du capital » ou au pire comme « des luttes pour la démocratie », « le consumérisme » (se conformant ainsi complètement à la propagande bourgeoise) etc., nous voyons dans l’analyse de ces événements l’existence collective et la pratique à l’intérieur du mouvement prolétarien indépendamment des drapeaux ou de la « conscience » individuelle des participants, parce que ce sont précisément ces luttes qui changent les conditions de production et de reproduction de la vie réelle.

Il est clair que la conscience sociale est le reflet des rapports de forces dans la société de classe existante. Il est donc clair que les luttes prolétariennes portent dans leur cœur même différentes faiblesses qui sont le produit de la domination idéologique bourgeoise ainsi que le reflet de la reproduction de la vie sociale sous la tyrannie de la valeur. Même pendant la révolution prolétarienne la conscience bourgeoise dominera les masses du prolétariat et elle les dominera aussi longtemps que cette conscience reflétera la division de classe existante de la société.

Ce sont les luttes elles-mêmes comme nous l’avons déjà dit qui changent les conditions et les rapports de forces. Dans ces luttes (comme aujourd’hui à Port-Saïd) le prolétariat cesse d’être une catégorie sociologique, une classe « abstraite » composée d’un mélange de citoyens isolés, mais il redevient la classe qui dérange la logique de la domination capitaliste et qui crée les conditions pour la reproduction des besoins de la vie qui sont antagonistes à cette société. A un niveau conscient, il redevient la classe qui crée dans ce processus la critique révolutionnaire.

Les idéalistes attendent au contraire 100% de conscience révolutionnaire dans un conflit de classe, et ce dès son commencement même. Dans leur approche le rapport mutuel entre l’existence et la conscience est perdu, aussi bien que le mouvement ; c’est-à-dire que le processus de rupture d’avec la domination de l’idéologie bourgeoise et de la réalité quotidienne de la reproduction sociale capitaliste est perdu.

En dépit de toutes ces théories la situation révolutionnaire ne tombera pas du ciel. Elle sera le produit d’un énorme conflit de classe, de beaucoup de luttes et de défaites ainsi que de leur critique, de la participation active des masses du prolétariat et de ses minorités les plus radicales et conscientes, du communisme comme programme se constituant organiquement contre la dictature du capital.

Lisez le texte sur le site de l’OCL.

ÉGYPTE : Rien n’a changé, mais tout commence…

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Tout homme, quoi qu’il dise, quoi qu’il fasse, participe à la lutte des classes… Et cela, de manière active ou passive… En la développant et en l’approfondissant ou en la niant… Comme sujet de sa propre existence ou comme objet de sa survie sous la dictature de la valeur… Dans le camp du prolétariat ou dans celui-ci de la bourgeoisie… Comme être humain ou comme idiot utile du capital… « L’histoire de toute société jusqu’à nos jours n’a été que l’histoire des luttes de classes. » (Karl Marx)

A travers ce petit texte sur les luttes actuelles en Égypte, nous tenons à souligner les affirmations importantes de la lutte séculaire de notre classe contre la tyrannie de la valeur, contre l’exploitation. Notre but n’est évidemment pas d’analyser ces événements pour simplement les comprendre, mais bien pour les transformer, pour bouleverser la quotidienneté historique de notre vie de misère de prolétaires qui nous étreint, afin d’éradiquer définitivement le rapport social capitaliste de la surface de notre planète. Nous ne tenons pas à passer notre temps à décrire à longueur de pages les horreurs de cette société de mort et de souffrance ; nous ne tenons évidemment pas à nous enfermer dans un rôle passif et académique. Nous ne nous intéressons pas plus à la biologie du capital, et n’avons aucune intention de le décrire de manière objective. Nous avons tout au contraire la prétention de participer directement à sa destruction finale et de nous inscrire dans le mouvement de sa nécrologie… Et cela signifie de se placer résolument au cœur des événements qui se déroulent sous nos yeux, d’en être résolument partie prenante comme force agissante et déterminante…

Depuis maintenant plus de deux ans, une importante vague de luttes traverse sans discontinuer le Maghreb et le Machrek. Tour à tour, la Tunisie, l’Egypte, Bahreïn, le Yémen, la Libye, la Syrie,… se sont embrasés de mille feux insurgés… Des « dictateurs » sont tombés, d’autres s’accrochent à leurs lambeaux de pouvoir, partout la répression est féroce, brutale, à la hauteur de la détermination des prolétaires à ne pas crever sur l’autel de la valeur sans au moins vendre sa peau le plus chèrement possible. Luttes contre la faim, contre la misère, contre l’augmentation des prix des denrées alimentaires « de base », contre le chômage, contre l’impunité des tortionnaires, contre l’arrogance affichée des maîtres retranchés dans leurs forteresses de moins en moins inaccessibles…

Et lorsque des « dictateurs » sont chassés sous la pression de « la rue » (doux euphémisme journalistique pour ne pas désigner simplement le véritable sujet de ces mouvements : le prolétariat en lutte !), ou mieux dit, lorsque la bourgeoisie mondiale et ses appareils centraux écartent tel ou tel de leurs gestionnaires qui ne sont plus aptes à maitriser la situation, alors de « nouvelles » figures apparaissent, des « alternatives » politiques plus crédibles sont poussées au portillon afin de rétablir la paix sociale et l’ordre du business. Mais très vite, la lutte reprend sa dynamique comme nous pouvons le constater depuis deux ans…

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Quand les profits des capitalistes s’effondrent, ceux-ci répondent à la résistance prolétarienne par un bain de sang !

Quand les profits des capitalistes s’effondrent, ceux-ci répondent à la résistance prolétarienne par un bain de sang !

Ce ne sont pas ces meurtres qui mettront un terme au défi prolétarien en Afrique du Sud !

Lorsque des mineurs de la mine de Marikana (d’où sont extraits 12% du platine produit dans le pays et qui est en même temps la plus riche mine de platine au monde), ainsi que des habitants du coin qui survivent dans des taudis misérables, ont manifesté le 15 août 2012 pour l’amélioration de leurs conditions de vie, la police –ce corps de protection du capital- a répondu par un massacre.

L’État assassine 45 personnes en 5 jours pour réprimer les mouvements de protestation !

Mais les insupportables conditions de vie ne peuvent pas être balayées par un bain de sang. Le tic-tac de la bombe à retardement ne s’arrête pas… Et il fera sauter tout le système d’exploitation !

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Encore et toujours plus de massacres en Syrie

Encore et toujours plus de massacres en Syrie
Solidarité avec le prolétariat en lutte

Au début du mois de février 2012, nous avons publié un tract en plusieurs langues pour adresser notre salut internationaliste aux prolétaires en lutte en Syrie, Égypte, Tunisie,… et partout dans le monde ! Ce tract participait du mouvement de commémorations en Syrie du trentième « anniversaire » du soulèvement dans la ville de Hama et de sa terrible répression.

Mais, au moment même où les prolétaires continuaient de descendre massivement dans les rues et d’occuper les places publiques des différentes villes et villages de Syrie contre la dégradation de leurs conditions de vie, contre l’exploitation et contre la répression, au moment même où ils se souvenaient également de ce terrible massacre de 1982 et organisaient des cortèges pour honorer la mémoire de leurs frères et sœurs de lutte assassinés, l’État syrien planifiait une nouvelle offensive meurtrière et une réponse implacable afin de tenter d’étouffer la rébellion qui se développe actuellement. Quasiment trente ans jour pour jour après le soulèvement dans la ville de Hama, l’armée syrienne a brutalement bombardé à l’artillerie lourde la ville de Homs, ville symbole de la rébellion des prolétaires aujourd’hui, faisant plus de 260 morts en une seule journée. L’armée syrienne et les milices étatiques en ont fait le siège pendant près d’un mois, affamant ses habitants, pour finir par écraser les derniers insurgés au combat dans le quartier de Bab Amr.

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Nous sommes le 1%

Nous présentons ici un texte que nous avons trouvé sur le blog italien Finimondo (http://www.finimondo.org/) que notre groupe Třídní válka / Class War / Guerre de Classe a également traduit en tchèque. Nous voulons souligner ici le mépris que nous éprouvons vis-à-vis non seulement de la classe capitaliste exploiteuse, mais aussi de tous les réformateurs de ce monde de misère. C’est ce qui ressort de ce tract et plus particulièrement en ce qui concerne la critique des apprentis politiciens qui écument et encadrent ledit mouvement des « indignados » et autres « Occupy » afin que ceux-ci ne sortent pas des limites que le réformisme tente de leur donner comme cadre référentiel. Continue reading ‘Nous sommes le 1%’ »

Salut aux prolétaires en lutte en Syrie, Égypte, Tunisie,… et partout dans le monde !

Massacres en Syrie… et action directe prolétarienne…

C’était il y a trente ans, dans la ville de Hama en Syrie… Le 2 février 1982, la population répond aux appels à l’insurrection contre le pouvoir en place, contre la misère et la répression. Les insurgés, auxquels se joignent 150 officiers de l’armée, se rendent maîtres de la ville, détruisent des centres de répression, exécutent plus de 300 mercenaires du régime en place, ainsi qu’une première unité de parachutistes envoyée pour mater la révolte. L’État réplique en faisant assiéger et bombarder à l’artillerie lourde la ville 27 jours durant ; du gaz cyanure est même utilisé. L’assaut final est donné dans ce qui nous rappelle une certaine « semaine sanglante » parisienne où les ultimes sursauts de résistance prolétarienne sont à la hauteur de la terreur étatique : des jeunes femmes « kamikazes » se font exploser au milieu des blindés et des soldats qui ratissent les quartiers, maison par maison. La répression est terrible, le bain de sang total : on estime entre 25.000 et 50.000 le nombre de victimes. Ces événements ne sont pas, ou peu, relayés dans la presse et ne soulèvent aucune indignation à l’étranger, d’autant plus que partout, c’est la thèse du complot islamiste qui est mis en avant pour mieux occulter la nature sociale de ces luttes, comme de toutes luttes de notre classe. Ce soulèvement n’est pas apparu dans un ciel bleu : grèves, manifestations, sabotages, émeutes, attentats à la bombe, exécutions d’officiers de l’armée et de cadres dirigeants du régime baasiste, mutineries dans des prisons, divers massacres, cela fait des mois, des années que d’importants affrontements embrasent la Syrie. De plus, le pays se situe au centre d’une région à feu et à sang, où les luttes de notre classe se mêlent à des conflits entre diverses fractions bourgeoises : rappelons-nous la guerre du Liban en 1982, ainsi que la répression sanglante dans les camps de réfugiés « palestiniens » où les prolétaires se font massacrer tantôt par l’armée israélienne, tantôt par diverses milices, si ce n’est pas directement par les flics de l’OLP et de la « libération nationale », rappelons-nous la « révolution iranienne » de 1977 à 1979 et sa transformation dans une guerre inter-bourgeoise entre l’Iran et l’Irak qui fera environ un million de morts en huit ans, rappelonsnous aussi les luttes contre cette guerre, les sabotages, le défaitisme révolutionnaire, des régiments des armées des deux pays belligérants qui désertent leur camp respectif pour s’unifier et mener des actions contre leur propre bourgeoisie, contre les deux États, rappelons-nous la vague de luttes prolétariennes qui déferle sur l’Égypte en 1977, rappelons-nous… Continue reading ‘Salut aux prolétaires en lutte en Syrie, Égypte, Tunisie,… et partout dans le monde !’ »

« Les anarchistes et le 15 mai : réflexions et propositions »

Introduction et brève critique du texte

Nous présentons ici un texte écrit par des anarchistes de Madrid et traduit récemment en tchèque par le groupe « Guerre de Classe ». Nous considérons qu’il s’agit d’une contribution très intéressante sur la question de l’activité des minorités révolutionnaires dans des mouvements sociaux tels que celui du 15-M. Il traite de l’activité à l’intérieur de mouvements qui sont plein de contradictions, de confusions, de fausses idées, de manipulateurs et de politiciens, mais qui représentent néanmoins certaines revendications et posent des questions dont le contenu développe nécessairement, derrière le voile clair ou moins clair de l’idéologie bourgeoise, un aspect de classe ; ils expriment des revendications visant à satisfaire des besoins humains ou les défendent contre les attaques bourgeoises, revendications dont l’aspiration à être satisfaites met nécessairement les besoins humains en opposition à l’économie, c.-à-d. aux intérêts du capital.

Ce texte a provoqué une discussion dans laquelle nous avons évidemment essayé de détecter les aspects forts et faibles de cette contribution. Mentionnons d’avance que nous n’avons pas l’intention ici de reproduise la fausse dichotomie entre anarchisme et marxisme (ou entre anarchisme et communisme, comme disent certains). Suivre cette dichotomie en pratique se solderait par rien d’autre qu’une nouvelle séparation à l’intérieur de notre classe où cette fragmentation interne fait le jeu de la bourgeoisie dans son intérêt général pour transformer toutes les luttes du prolétariat contre le capital en luttes au sein de la classe prolétarienne même. Continue reading ‘« Les anarchistes et le 15 mai : réflexions et propositions »’ »

Lutte de classe au Maghreb et au Machrek1… Lutte de classe dans le monde entier…

Depuis des semaines et des mois, un fort mouvement secoue le soi-disant « monde arabe », qui n’est rien qu’une partie de l’ensemble du monde du capital. Des pays comme la Tunisie, l’Egypte, le Yémen, Bahreïn, la Libye, la Syrie, etc., des villes comme Tunis, Gafsa, Sfax, Kasserine, Le Caire, Alexandrie, Suez, Sanaa, Aden, Tripoli, Benghazi, Misrata, Tobrouk, Damas, Deraa, Latakieh, Homs, etc. sont en feu et brûlent de notre colère sociale. Protestations et manifestations, affrontements avec la police et les unités spéciales, grèves massives et violentes, pillages, incendies de banques et d’institutions de l’Etat, actions de solidarité et agitation, mise en place de comités et de « shoras »… tout cela et beaucoup d’autres choses sont des expressions du mouvement prolétarien qui s’est développé à travers ces régions. C’est notre perspective de classe qui émerge de ces « révoltes populaires » – tant en organisant des structures afin de distribuer de la nourriture et de l’aide médicale en-dehors et contre les rapports d’échange comme à Misrata par exemple, que lorsque des ouvriers détruisent le quartier général du syndicat officiel égyptien, ou encore lorsque des manifestations de défaitisme révolutionnaire éclatent en Arabie Saoudite contre leurs « propres » troupes qui sont envoyées pour écraser la rébellion au Bahreïn. Continue reading ‘Lutte de classe au Maghreb et au Machrek1… Lutte de classe dans le monde entier…’ »

Positions Programmatiques de Guerre de Classe

Autonomie Prolétarienne — Révolution Communiste — Dictature Prolétarienne

GUERRE DE CLASSE

Chaque jour la même chose, encore et toujours :
LE RÉVEIL–MATIN — FAIRE LA NAVETTE — LE TRAVAIL — FAIRE LES COURSES — FAIRE LA NAVETTE — DINER — LA TÉLÉ — DORMIR — BOULOT — MÉTRO — DODO… COMBIEN DE TEMPS POUVONS-NOUS SUPPORTER CELA??!

Cette société nous offre seulement une lutte pour la survie de base dans laquelle nous ne sommes rien sauf une force de travail et des consommateurs. Bien sûr, tout cela est enveloppé dans de belles paroles magnifiant les valeurs de l’honnête citoyen et les besoins du pays et de l’économie, dans des modes et de fades manières de vivre que les médias, les politiciens, les scientifiques, les célébrités nous débitent jour après jour. Les vêtements de marque, les nouveaux téléphones mobiles et les écrans plasma, les voitures en leasing et les prêts hypothécaires, les sorties du samedi soir, les émissions de télé et les idylles familiales dans les centres commerciaux seront-ils des produits de substitution suffisant pour une vie vraiment humaine ? Est-ce tout ce que nous désirons vraiment et ce dont nous avons vraiment besoin ?

PAS POUR NOUS !

Nous n’avons aucune grandiose propriété et compagnie qui nous feraient vivre, et par conséquent nous devons aller travailler. Nous vendons notre temps et notre énergie, notre force de travail, à la classe des bourgeois qui possèdent les moyens de production. Nous échangeons notre force de travail contre un salaire qui nous permet d’acheter ce dont nous avons besoin pour survivre et qui a été produit ailleurs par des travailleurs comme nous. Quel que soit ce que nous gagnons, dès que nous avons dépensé notre salaire, nous devons à nouveau nous précipiter au travail. C’est notre travail qui fait fonctionner toute la société et l’économie : les usines, les supermarchés, les bureaux, les hôpitaux, les chantiers… Nous sommes la classe des prolétaires et nous nous rebellons !

CONTRE LE TRAVAIL SALARIÉ

Le travail nous aliène parce que le temps pendant lequel nous travaillons ne nous appartient pas, ce n’est pas une partie complète de nous — par-dessus tout c’est un moyen pour obtenir de l’argent. Nous vendons notre force de travail comme une marchandise à des patrons individuels et aussi à la bourgeoisie tout entière, et dès lors ce sont eux qui le contrôle, qui le possède et qui en profite vraiment. Nous devons juste travailler aussi longtemps et aussi vite qu’il nous est demandé. Donc, nous luttons contre le travail salarié qui est la base de notre exploitation et de l’ensemble du système capitaliste.

CONTRE L’USINE DES LOISIRS

Nous ne travaillons pas pour satisfaire directement nos besoins, ni les besoins d’autres gens. Les besoins vitaux sont satisfaits par la médiation des salaires — de l’argent, parce que nous sommes aussi aliénés du produit de notre labeur qui appartient à la bourgeoisie. Toute la société nous est étrangère : les relations sur lesquelles elle est basée, ses structures, ses institutions, ses richesses et même ses connaissances. Par conséquent, la dictature du Capital règne aussi en dehors du travail. Les loisirs que nous cherchons en font partie. C’est le Capital, et pas nous, qui détermine comment manger, faire l’amour, se loger, voyager, s’amuser… Par conséquent, nous luttons contre la totalité des rapports sociaux capitalistes qui nous piègent dans une usine géante où nous sommes comme des vaches à lait à chaque moment de nos vies.

CONTRE LE CAPITALISME

Notre travail est une marchandise comme aucune autre : c’est la seule qui est capable de créer une nouvelle valeur, plus grande que la sienne. Les patrons nous exploitent tous, puisqu’ils nous paient seulement pour notre force de travail et tout le surplus que nous avons produit, c’est leur plus-valeur, leur profit. Le profit est réinvesti dans des moyens de production, dans la production de nouveaux capitaux qui tous sont la propriété contrôlée, possédée et vendue par les bourgeois. Le capital, c’est notre travail mort personnifié dans des choses. C’est notre temps et notre énergie, que nous avons tués au travail. Le seul but du mode de production capitaliste est d’accomplir le profit et de multiplier le Capital. Les besoins humains sont totalement secondaires et ils ne sont « satisfaits » à travers la production que dans la mesure et dans la façon qu’ils servent l’expansion du Capital. C’est la raison pour laquelle, même le dernier régime (le « socialisme réel ») était capitaliste et le capitalisme existe en Corée du Nord, en Chine ou à Cuba. Là où il y a du travail salarié, il y a aussi le Capital et il ne peut en être autrement juste parce qu’il y a aussi un costume idéologique « marxiste », une réorganisation de la bourgeoisie à travers un parti politique et un État et ses efforts (sans aucune chance durable de réussir) pour donner une autre forme aux lois capitalistes du marché, de la compétition et de la valeur.

CONTRE LA DÉMOCRATIE, L’ÉTAT ET LA POLITIQUE BOURGEOISE

La démocratie est l’essence même de la société capitaliste et pas seulement une de ses formes politiques. Les citoyens atomisés, qui parviennent à une unité artificielle à travers une sphère séparée de politique nationale, sont une caractéristique commune des États parlementaires, staliniens, fascistes ou même islamistes. Ce sont là des organisations de la bourgeoisie en tant que classe, qui se développent à partir des rapports sociaux de la société de classe. C’est pourquoi la lutte révolutionnaire du prolétariat est antidémocratique et antiétatique et n’a rien en commun avec la politique bourgeoise, les partis politiques (qu’ils soient de gauche ou de droite, parlementaires ou extraparlementaire, légaux ou interdits), les élections et les coups d’État politiques.

CONTRE LES SYNDICATS ET LE GAUCHISME

Cela fait longtemps que les syndicats ont cessé d’être des organisations de la classe ouvrière. Ils sont devenus une partie de l’État capitaliste, une institution pour la vente organisée de la force de travail et pour maintenir la paix sociale. Comme tels, ils doivent être détruits et non pas réformés. Les faiblesses et les défaites de notre classe ont engendré (et continuent d’engendrer) beaucoup de courants du gauchisme qui joue le rôle de la social-démocratie : ils ne luttent pas pour la destruction du capitalisme, mais pour sa réforme radicale. Au moment des révolutions, ils ont toujours été le dernier recours et bastion du Capital. Par conséquent, les prolétaires communistes luttent contre toutes les formes du gauchisme : le stalinisme, le trotskisme, le maoïsme, de nombreux types d’anarchisme, l’altermondialisme, les mouvements anti-impérialistes « tiers-mondistes »…

CONTRE LES FRONTS UNIS

Nous sommes opposés à tous les fronts unis avec des fractions politiques « progressistes » de la bourgeoisie et à toutes les idéologies contre-révolutionnaires qui surgissent autour de tels fronts : l’antifascisme ou par exemple la libération nationale… Tous mènent à la défense d’une forme de la dictature capitaliste contre une autre, un « moindre mal » contre un « pire » ; ou encore ils mènent à une lutte pour un capitalisme à visage humain, mais toujours ils amoindrissent et battent le prolétariat révolutionnaire. Nous sommes pour l’action directe de classe contre les racistes et les fascistes et pour la révolution communiste comme la seule alternative à toutes les formes du capitalisme.

CONTRE L’OPPRESSION, LE NATIONALISME ET LA GUERRE

Toutes les formes d’oppression antérieure au capitalisme — par exemple basée sur l’origine sexuelle, ethnique ou religieuse — sont devenues des parties de l’exploitation capitaliste et de la division du travail. Aucune forme d’oppression n’existe en dehors des rapports sociaux capitalistes et elle ne peut être abolie qu’en abolissant ces rapports dans le processus de la révolution communiste. Les idéologies qui nous attribuent, à nous prolétaires, une identité positive d’ouvrier, de femme, de Rom, de Tchèque, servent à nous faire nous intérieurement identifier avec le système capitaliste. Cependant, dans le prolétariat se trouve cachée la négation de toutes ces identités de citoyens obéissants. Par conséquent, nous nous y opposons de la même façon que nous nous opposons à la nation, le pays ou le nationalisme. Contre la paix sociale dans les États nationaux et contre la guerre entre eux, nous affirmons la guerre de classe (le défaitisme révolutionnaire).

POUR L’AUTONOMIE PROLÉTARIENNE

Aujourd’hui, en dépit de leurs limites, les vraies luttes du prolétariat contiennent les graines de la lutte future pour le communisme. Par conséquent, nous supportons aujourd’hui les luttes de classe et la formation de noyaux, cercles et réseaux prolétariens sur une base subversive — c’est-à-dire luttant et s’associant en dehors et contre les syndicats. C’est bien à partir de luttes de ce genre qu’un mouvement prolétarien peut naître et peut se mettre en route pour réaliser l’autonomie prolétarienne. Une lutte de masse, dans laquelle la classe fera des ruptures avec les syndicats sur leurs lieux de travail, avec les partis politiques, avec les chefs de la communauté ou les chefs religieux dans les populations locales, avec les idéologies bourgeoises dans leurs têtes et avec les rapports capitalistes dans leurs vies, une telle lutte de masse engendrera une nouvelle organisation du prolétariat en tant que classe, de nouvelles formes de centralisation territoriale de la lutte : les conseils ouvriers, les assemblées générales, les communes…

POUR LA RÉVOLUTION COMMUNISTE

C’est seulement dans le processus de développement de l’autonomie de classe qu’un changement dans le rapport de forces entre le prolétariat et la bourgeoisie peut avoir lieu. C’est alors seulement qu’un saut qualitatif dans la conscience de classe et la lutte peut apparaître — c’est alors seulement que la révolution prolétarienne peut commencer et à moins qu’il ne se mette en route immédiatement, pratiquement et consciemment vers le communisme, il mourra car la contre-révolution utilisera à l’instant les faiblesses de notre classe contre notre classe.

POUR LA DICTATURE PROLÉTARIENNE

Pour de plus en plus de prolétaires, le processus de développement combatif de l’autonomie de classe vers des insurrections violentes et la révolution de classe impose un choix conscient entre le communisme et la barbarie capitaliste : exploitation, crise, guerres et catastrophe environnementale. Au plus ce choix devient clair, au plus le prolétariat est capable de réaliser dans la révolution sa dictature sociale contre le travail salarié, la valeur, l’échange, l’argent, l’État. Cela veut dire une dictature mondiale des besoins humains contre le Capital et la terreur révolutionnaire contre les forces bourgeoises.

POUR LA COMMUNISATION DE LA SOCIÉTÉ

La dictature prolétarienne signifie la communisation des rapports sociaux : abolition du travail salarié, abolition de professions et productions inutiles, élimination des rapports d’échange de tous les aspects de nos vies, abolition de l’économie et de la production pour le profit et subordination de toutes les forces productives aux besoins humains et aux besoins de la révolution mondiale, disparition de la différence entre travail et loisir, ville et campagne et toutes les autres séparations, destruction violente de l’État et son remplacement par des organes de l’auto-organisation révolutionnaire prolétarienne que le triomphe de la révolution transforme en une communauté humaine globale. Par la communisation dictatoriale des rapports sociaux, le prolétariat s’abolit ainsi que la société de classe tout entière et développe complètement la communauté humaine mondiale.

A PROPOS DE L’ORGANISATION RÉVOLUTIONNAIRE

L’organisation révolutionnaire grandit spontanément et prend directement des formes spécifiques à partir de la lutte de classe, parce que le prolétariat est historiquement forcé de faire ainsi. L’organisation révolutionnaire ne fait pas la révolution et n’éclaire pas non plus ni n’instruit le prolétariat pour la révolution. La classe est capable de le faire de sa propre initiative et, au contraire, à travers son activité militante, elle crée des conditions pour la centralisation de groupes révolutionnaires, qui sont aujourd’hui, en cette époque de paix sociale, petits et insignifiants, ainsi que des sections les plus conscientes et radicales du prolétariat en un parti communiste. Celui-ci est basé sur l’auto-organisation d’en bas et sur la centralisation organique et a les mêmes intérêts que l’ensemble de la classe. Ce qui distingue les communistes, c’est qu’ils agissent de la manière organisée la plus décisive et logique et toujours dans l’intérêt historique du prolétariat entier et donc ils donnent la direction au reste de la classe. Le parti communiste global est une préfiguration de la communauté humaine mondiale.

QUE FAIRE AUJOURD’HUI ?

Développer, défendre et propager le programme de la révolution communiste sur base des leçons tirées des luttes prolétariennes passées. Par la propagande, l’agitation et la participation active, souligner, soutenir et encourager toutes les tendances dans les luttes contemporaines qui pourraient aider au développement de la conscience de classe et de l’esprit militant dans notre classe, aider à l’émergence d’associations prolétariennes radicales. Révéler et identifier d’un œil critique les limites des mouvements de classe actuels. Centraliser les prolétaires militants qui essaient de s’organiser sur base du programme révolutionnaire. Toujours défendre les intérêts de l’ensemble du prolétariat, agir d’une façon internationaliste et s’opposer avec intransigeance à chaque réformisme et réaction qui barrent le chemin à une émergence de l’autonomie prolétarienne.